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Hystérie collective ?

Quelques morts d'un virus grippal, et c'est la planète entière qui se grippe. Journalistes en mal de buz, réseaux sociaux domaine privilégié de la bêtise et de la violence, personnel politique en recherche de diversion, et le monde est en émoi, avec des conséquences potentielles infiniment graves.

Sachons raison garder

Trois morts en France à début mars, tous trois étant des personnes âgées. L'une avait 89 ans, et avait d'autres maladies. 191 cas sont recensés en France, en progression certes, sans qu'on puisse vraiment prévoir quoi que ce soit.

En 2019, la grippe "normale" a tué 4000 personnes, tandis que la route a ôté la vie à 2200 personnes. Plusieurs centaines de personnes meurent chaque année dans la rue, de froid ou de chaud, de maladie, dans l'indifférence de la plupart des passants.

Des millions de gens sont chassés de chez eux par des gouvernements inhumains, et soit meurent durant leur fuite soit sont parqués dans des camps insalubres construits à la hâte par les pays riches.

Le cancer touche 1,5 millions de personnes en Europe, et tue chaque année 150 000 personnes en France, alors qu'il y a près de 400 000 nouveaux cas chaque année.

Directement et indirectement, l'alcool coûte la vie à 45 000 personnes chaque année en France, le tabac prélève plus de 70 000 vies par an.

Pour toutes ces catastrophes humanitaires, une relative discrétion règne, quand ce n'est pas un silence coupable. On continue à fumer, boire, sachant même qu'on avale du poison qui met notre vie en danger. On continue à rouler, souvent trop vite, à manger malsain en récompense de quelques minutes de plaisir.

Alors comment comprendre l'hyper battage médiatique pour les quelques cas de coronavirus, toujours trop nombreux évidemment sur le plan individuel, mais insignifiants au niveau des Etats ou de la planète ?

 

Une surmédiatisation

Paradoxalement, la médiatisation est partie d'un pays connu pour la chape de plomb qui enferme la liberté d'expression et d'information, la Chine. Au point qu'une ville de 12 millions d'habitants, soit la population de l'Île de France tout entière, se voit contrainte à l'isolement et à l'arrêt de l'essentiel de son activité économique.

Aujourd'hui, les chinois sont montrés du doigt partout, beaucoup de liaisons aériennes avec la Chine ont été suspendues. Le gouvernement de la Chine a été contraint de prendre des mesures de précaution sur l'ensemble du pays, avec des conséquences économiques négatives mondiales. 

Par ci par là, quelques dizaines de personnes se trouvent contaminées, quelques une décèdent et font la une de tous les médias du monde, avec le relais hystérique des réseaux sociaux. La peur gagne le monde entier, amenant à envisager l'isolement et le confinement d'un nombre toujours croissant d'institutions, et la suppression de manifestations.

Alors que les peuples observent dans l'indifférence, quand ce n'est pas de l'hostilité, la fuite de centaines de millions de réfugiés, le risque de conflit EU Iran, les génocides au Yemen et en Afrique, et qu'ils continuent de s'empoisonner volontairement pour quelques secondes de pseudo plaisir, la mort d'une personne de 89 ans, malade par ailleurs, fait la une des chaînes de télévision! 

En même temps qu'on nous dit qu'il ne faut pas se paniquer, on ferme des écoles, on nous répète inlassablement qu'il faut se laver les mains tout le temps, ne plus serrer les mains et encore moins faire la bise, ne plus aller à la messe ou à la mosquée. On peut encore aller au stade et au cinéma, prendre le train et le métro, mais l'avion qu'en cas d'impérieise nécessité. Jusqu'où va-t-on aller ?

Une crise économique majeure

La crise financière est à nos portes. Les indices boursiers ont dégringolé, rien de bien grave pour l'instant, ils étaient à leur sommet historique.

Plus sérieux, la fermeture de centaines d'usines en Chine va entraîner des arrêts de production dans les grandes entreprises mondialisées, dont le principe de fonctionnement est construit sur la délocalisation et la parcellisation des tâches, auquel s'ajoute celui des flux tendus qui réduit les stocks à presque rien.

Il faut s'attendre bientôt à voir des produits disparaître des circuits de distribution, et sans doute des entreprises en difficulté, et certaines en faillite.

Les voyagistes vont souffrir infiniment, au point que beaucoup d'entre eux ne pourront faire face au remboursement des réservations passées, alors que la chute des réservations futures les mettra au bord du défaut de paiement.

Ainsi à la crise financière due à la perte de confiance dans l'avenir, pourrait s'ajouter la débâcle de l'économie réelle, due à l'impossibilité de continuer à produire et à vendre.

A quelque chose malheur est bon

Cette crise aura quand même quelques mérites.

Elle nous montre tous les dangers de la sur-mondialisation où nous ont amenés les fanatiques intégristes du libéralisme et du libre-échange. On a délocalisé les travaux ouvriers, faisant de la Chine l'usine du monde. Si elle ferme, ou du moins ralentit sa production, c'est le monde entier qui est en crise. Même les produits pharmaceutiques sont produits en Chine, nous mettant en fort risque sanitaire sur nombre de maladies. 

Au-delà même du coronavirus, on découvre ce qu'on n'a pas voulu voir : les entreprises capitalistes, dans leur recherche infinie du profit, ont crée des conditions de dépendance aux pays à bas coût qui met notre survie même en danger.

Dans nos pays libéraux, où on discute politique à l'infini dans les cafés, les salons et les marchés, on n'a pas voulu voir que ce ne sont pas les hommes et les femmes politiques qui façonnent le monde et nos vies, mais les entreprises, avec leur course au profit, et leurs politiques sans état d'âme et sans conscience pour arriver à leurs fins : délocalisation, parcellisation des tâches, sous-traitance ...

Beaucoup d'entre elles aujourd'hui ne sont plus maîtresses de leur destin, ayant perdu le savoir-faire qui avait causé leur réussite.

Aujourd'hui, c'est le coronavirus qui entraîne des fermetures d'usines, demain pourquoi ne serait-ce pas un moyen de pression dans la guerre entre nations ?

Le profit, moteur du monde

D'ici quelques jours, les médias et les réseaux sociaux trouveront un nouvel os à ronger, et le coronavirus tombera dans le silence où il aurait dû se tenir, à l'instar de tous les virus qui chaque année sont causes de centaines ou milliers de morts.

Aura-t-on seulement le temps d'approfondir les réflexions qu'il a fait naître, celles d'un monde vulnérable parce que dépendant d'un Etat qui n'est pas un vrai ami, mais qui se sait le centre du monde, avec une volonté affichée d'en être aussi la plus grande puissance.

La cupidité des capitalistes a transformé l'occident en grands benets, se mettant dans la dépendance de puissances extérieures. C'est bien et pas bien à la fois, le commerce est la meilleure chance de paix entre les nations.  Mais trop c'est trop, aujourd'hui la Chine est maîtresse de tous les processus de production, et l'Occident est entre ses mains. Apple ne sait plus faire de portables, mais la Chine saura faire des Apple sans les américains.

Gageons qu'on ne tirera pas la leçon de ce qui se passe aujourd'hui, on verra de part et d'autre quelques belles déclarations d'intentions, mais la nature cupide des maîtres de l'économie reprendra le dessus, et on continuera comme devant.

Il n'est pas venu le temps où le profit ne sera plus le moteur du monde.

 

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