Le Cotentin

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Le Cotentin, c'est le bout du bout, un lieu où on ne passe jamais par hasard. 

Mais ceux qui ont cette audace ne le regrettent pas. C'est vrai qu'il n'y fait pas toujours bien chaud, c'est vrai que le vent cesse rarement, que la pluie, le fameux crachin, peut y être généreuse, que le nucléaire et les parapluies sont plus connus que la splendeur de la côte et la beauté du bocage, que l'eau de la Manche y est froide, et qu'avec le temps, les bains y deviennent une épreuve.
Mais pour qui sait vaincre les clichés, alors le Cotentin offre une variété de rivages et de paysages qui ravissent le marcheur.

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A l'est de Cherbourg, le Val de Saire étire sa côte de rochers et de plages. La mer s'y retire à des kilomètres au plus grand bonheur des pêcheurs, les bateaux s'y couchent dans des ports sans eau. Du joli port de Barfleur d'où s'embarquait il y a bien longtemps par Guillaume le Conquérant, on emprunte le GR qui longe le littoral, pour passer devant le moulin de Crabec, le phare de Gatteville, le 2ème en Europe par sa hauteur de 75m, pour aller jusqu'au cap de Néville, où fourmillent des blockhaus.

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dsc-0530.jpgp1130007.jpgRetour par l'intérieur, en traversant le village de Gouberville, célèbre par le manoir du sieur du même nom, et son église avec son clocher en forme de dôme. Après quelques manoirs aperçus, c'est le château de Tocqueville, où Alexis écrivit ses œuvres si importantes pour l'avenir de la démocratie.

La Pernelle d'ou nous partîmes le mardi nous offrit un panorama exceptionnel sur la côte orientale. Avouons-le tout de suite, on ne vit pas grand-chose le matin, mais le ciel dégagé du soir nous récompensa de la longue marche à travers le bocage. Les gourmands se souviendront de la savoureuse brioche du Vast, au beurre normand, cela va sans dire, les autres auront pris plaisir à marcher le long de la Saire ou de son affluent, la rue Baude.

dsc-0589.jpg dsc-0568.jpg dsc-0574.jpg p1130042.jpg

dsc-0607.jpgMoins de kilomètres le mercredi, il faut bien reposer les jambes. Mais pas de repos pour les yeux avec la découverte de l'île de Tatihou, réserve ornithologique aujourd'hui, autrefois lazaret, champ d'étude pour le Muséum d'Histoire naturelle, puis maison de redressement jusqu'à la fin des années 60. Le génial Vauban, entre deux oisivetés, y bâtit un fort en vis à vis de celui de St Vaast, jurant que plus jamais la flotte anglaise ne filerait sa pâtée à son alter ego française comme elle le fit lors de la bataille de la Hougue.
Du Val de Saire à la Hague, il n'y a qu'un pas, avec Cherbourg au milieu, fort de ses ports de pêche, commerce, voyageurs et militaire. Napoléon y règne face à la mer, montrant du doigt non l'Angleterre comme se plaisent à le croire les cherbourgeois, mais le port militaire dont il décida la construction.
Pas de crachin à notre arrivée mercredi soir dans le charmant village d'Omonville-la-Petite, mais du champagne, opportunément offert par Michèle pour arroser la vente de sa maison. J'en entends déjà qui disent que s'ils "auraient su, ils auraient venu". Et c'est vrai qu'ils auraient dû, car le lendemain nous attendait le formidable sentier des douaniers, parcourus par les gabelous au 19ème siècle pour lutter contre la contrebande. Le retour par l'intérieur nous offrit des perspectives sur la mer différentes, et l'occasion de voir la maison du peintre de l'étape, Jean-François Millet.
Un peu de tourisme pour finir la journée, avec l'impressionnant phare de Goury, en plein milieu du meurtrier raz Blanchard, et le nez de Jobourg, parmi les plus hautes falaises d'Europe.
Le personnage célèbre d'Omonville-la-Petite, c'est Jacques Prévert, qui y passa les dix dernières années de sa vie. Un circuit fait un large tour du village, longeant l'anse St Martin pour aboutir à Port Racine, plus petit port d'Europe et lieu du beau roman de Claudie Gallay, Les déferlantes. Retour par l'intérieur pour boucler la boucle, jardin Prévert, maison Prévert, vues plongeantes sur la mer et ... l'usine de retraitement de l'uranium d'Aréva, complaisemment photographiée par Michèle A.

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Le soleil était de la partie, à défaut de la grosse chaleur, et on était déjà vendredi. Dernier pique-nique dans le jardin de l'hôtel, il reste aux nostalgiques à fredonner "j'irai revoir ma Normandie", à lire le roman ci-dessus évoqué, à voir et revoir, sans modération, le diaporama, alimenté par les photos de Michèle A.Antoine et Michèle D., et Jean-Marc. Ou encore à lire le dernier numéro de Passion-Rando (n°28) qui consacre deux articles au Cotentin, dont un sur le Val de Saire et l'île de Tatihou.dsc-0768.jpg

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