Automobile et vanité

Si le bien de consommation "automobile" se banalise, son achat reste encore largement motivé par des considérations irrationnelles, conséquence de la vanité et de l'ostentation. 

Rouler étranger

Plus d'une voiture sur deux circulant en France est d'origine étrangère. Non parce que les véhicules étrangers sont plus performants, plus beaux, plus confortables, plus économiques.
Mais parce que pour beaucoup de personnes, l'objectif est de ne pas avoir la voiture de tout le monde. Que possédent les golf, yarris, et autres véhicules petits et moyens que n'ont pas les clio, 208 et C3/C4? Rien, sauf qu'elles sont étrangères, et que ça fait plus chic de rouler étranger que franchouillard. Qui sait que la 208 a un moteur BMW et que nombre de béhèmes ont des boites de vitesse Peugeot? Qu'ont ces mêmes BM série 2 et 3 que n'ont pas les 408, 508, mégane, talisman ou DS5? Rien sauf qu'elles sont étrangères, et coûtent plus cher à l'achat et à l'entretien.
PSA et Renault ont vu leurs effectifs s'effondrer, alors même que la qualité de leurs voitures n'a fait que progresser, et n'est en rien inférieure à la concurrence. Mais rouler allemand est estimé faire plus classieux, et tant pis pour l'emploi. Vanité avant tout ! 

Rouler ostentatoire

Alors que la vitesse est limitée partout et que la tendance n'est pas prête de s'arrêter, que les espaces de stationnement se raréfient et deviennent de plus en plus difficiles d'accès, on assiste à l'arrivée de véhicules de plus en plus imposants, tant par leur dimension que par leur puissance. Les autoroutes sont limitées à 130km/h, demain à 120 ou moins, et tous les compteurs affichent au moins 200, et 300 pour les gros véhicules. Les accès au parkings sont adaptés aux seules twingos, de même que la largeur des places. Et on voit fleurir des crossover de plus en plus gigantesques, des berlines allemandes de 4,70m et plus aux puissances démesurées.
Alors pourquoi? Pas pour faire de la piste, les rutilants 4x4 allemands et anglais n'utilisent guère leur qualités de baroudeur que pour stationner sur les trottoirs. Seulement pour étaler sa puissance financière, sont statut social, sa pseudo réussite. Maquereaux, dealers, cadres sup et dirigeants, footeux et autres nouveaux riches, unis dans l'ostentation et l'exhibition de leur richesse. Vanité ! 

On assiste depuis plusieurs années à une double tendance contradictoire.
D'un côté la volonté des pouvoirs publics de contrôler l'automobile, coûteuse en pétrole, polluante, tueuse de milliers de personnes. De l'autre une course à la puissance et au gigantisme des autos. Rien ne semble pouvoir arrêter cette dernière, ni les limites de vitesse, ni les difficultés de circulation et de stationnement, ni la menace sécuritaire.
Dans l'automobile comme dans tout le reste, c'est la vanité qui l'emporte et s'impose aux gens et aux choses. La vanité est l'un des grands moteurs de l'histoire. 

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