C'est reparti

Ca y est, nous y sommes dans le monde d'après !

Seulement, il semble bien qu'il ressemble au monde d'avant !

Renault, qui va mal, annonce des suppressions de poste en masse, en France et dans le monde. Qui plus est, ce ne sont pas seulement les postes soi-disant non qualifiés qu'on supprime ou délocalise, mais des postes d'ingénieurs et techniciens supérieurs, hautement créatifs, puisque localisés dans le fameux centre d'innovation de Renault.
Et comme dans le monde d'avant, cette belle annonce a fait bondir le cours de bourse de l'action, qui a pris près de 30% de hausse malgré des nouvelles catastrophiques de l'entreprise. Celle-ci a un handicap majeur : sa gamme, avec des modèles qui ne plaisent plus guère au-delà de l'hexagone.
Encore une fois, c'est l'Etat français qui est appelé au secours, qui va garantir 5 milliards de prêts accordés par les banques. Nouveau monde ?

Une sucrerie française appartenant au groupe Cristal Union, va fermer dans les prochaines semaines. 128 personnes vont être sur le carreau. La décision de fermeture est antérieure au covid, mais le reconversion partielle et temporaire de l'usine en production de gel hydroalcoolique pour faire face à la crise sanitaire n'y changera rien. Les financiers intégristes du groupe international maintiennent leur position, l'usine est moins rentable que d'autres, même si une des raisons en est des mauvaises décisions du groupe. Donc rentabilité oblige, on ferme.
Avec leur regard purement financier des entreprises dénué de toute humanité, les grands groupes internationaux contribuent à une bonne part du mal-être des gens. Le monde d'après ne semble guère être bien différent du monde d'avant sur ce point.

Pour inventer ce monde d'après, Emmanuel Macron fait appel à un groupe d'experts emmené par Tirole et Blanchard. Il faut dire que d'abord mobilisé à adapter la France au difficile monde mondialisé, puis au regard négatif et frileux des gilets jaunes, le voilà qui doit trouver un modèle de développement à la fois écologique, souverainiste, générateur de plein emploi, soucieux des équilibres financiers, européen, respectueux de la qualité de vie, réducteur de l'injustice sociale. Pas si simple, surtout si on se rappelle que la France n'est pas tout à fait seule au monde, et que les règles qui polluent le jeu sont internationales.

On compte bien que le tourisme va repartir, que les avions vont se remplir, ainsi que les super-paquebots de croisières, nuisibles "clubmeds" flottants.

Trump gouverne de plus en plus en solitaire, et poursuit sans frein son travail de démolition du multi-latéralisme. La crise sanitaire ne l'a pas changé d'un iota. Comment imaginer pouvoir changer le monde si les EU, première puissance économique mondiale, ne participent pas à l'élaboration des nouvelles règles qui pourraient le rendre plus humain et moins destructeur de la planète ?

 

En attendant

En attendant on continue à distribuer des milliards à tout vent, pour que les entreprises ne ferment pas, qu'elles ne licencient pas, que l'activité reparte dans tous les secteurs de l'économie.
Personne ne sait trop ce qui sortira des tonnes de dettes amassées par les uns et par les autres, ni des déficits abyssaux des Etats. On semble découvrir que tout ça pourrait ne pas être bien grave, parce que la BCE fait marcher la planche à billets, comme au bon vieux temps des assignats, et qu'on pourra se payer le luxe de ne jamais rembourser la dette. Qui vivra verra !
Comme toujours les experts se disputent et assènent leur vérité, chacun à leur tour, comme les experts médicaux l'ont fait pour le covid. Ce n'est pas nécessairement rassurant.

On comprend qu'il est difficile de mettre en place un nouveau monde au plus profond de la crise. 

Sera-ce plus simple quand le monde d'avant aura retrouvé ses marques, son rythme, et ses mauvais penchants ?

 

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