Campagne à la française

Candidat presidentielle 2022 sud ouestLa campagne présidentielle est lancée, même si la liste des candidats n'est ni confirmée ni définitive. Le ton en est donné par Eric Zemmour, candidat inattendu, et qui pourtant conduit le débat et impose les sujets. Sont-ils vraiment ceux dont dépend l'avenir de la France?

Quand Eric Zemmour impose ses sujets

Il est parti à la surprise de tous, il n'a aucune expérience politique autre que celle apportée par des connaissances historiques et une vie de polémiste, et pourtant il donne le ton aux débats en imposant les sujets, l'immigration et l'identité de la France.
Ce ne sont pas les sujets prioritaires des français, et quand ils le sont, ils peuvent être de l'ordre du fantasme. Dans la France rurale, on noircit ainsi souvent le tableau du monde des villes, fantasmant un monde totalement insécure et "colonisé" par les immigrés.

On ne peut pas nier la difficulté d'intégration de certaines populations, le rejet de la loi républicaine au profit de la loi de l'islam, ni l'existence de zones de non-droit. L'islam s'est durci, et alors qu'il évoluait en France dans le même sens que le christianisme, il s'est réveillé, et a recours à des pseudo-lois du temps de Mahomet pour imposer sa loi.

Ces sujets doivent être traités, et la naïveté des dirigeants depuis des années doit être remplacée par la volonté d'imposer à tous les habitants de France nos règles de république laïque. Cela passe sans doute par plus de fermeté, le karcher que ressort Pécresse n'est qu'un effet de manche (d'ailleurs Sarkozy l'avait laissé au placard), mais aussi par une politique sociale et éducative plus ciblée. 

Pour dire simple, Zémmour n'aime pas les noirs et les arabes, et il cache ce racisme primaire derrière les paravents de l'identité et de l'épouvantail du grand remplacement.

Ce qui est affligeant, c'est que toute la droite embraye et se radicalise dans une surenchère de préconisations et d'incantations qui pourraient bien déclencher une guerre civile si elles étaient appliquées. 

 

 

Pendant ce temps-là, on ne parle pas de l'essentiel.

Bien peu sur la géopolitique, la Chine qui ambitionne de devenir la première puissance économique mondiale, et développe une capacité d'innovation et de recherche qui renvoie l'Europe au rang des puissances de second ordre.

Bien peu sur l'Europe, qui permet à la France de masquer ses déficits de la balance commerciale et de sa dette derrière un euro fort. Sans l'Europe, il n'y aurait pas eu de "quoiqu'il en coûte", le résultat en aurait été faillite, chômage et inflation.

Bien peu sur l'innovation, l'éducation, la recherche, qui pourtant seront ce qui permettra, ou pas, à la France de continuer à exister sur le plan international, et de  continuer à offrir à ses citoyens le niveau de vie qui est le sien. Sanofi s'est révélé incapable de produire un vaccin anti-covid, les Universités manquent de profs et de moyens. Les écoles lycées n'attirent plus, et ne savent plus former les mathématiciens qui nous seraient nécessaires.

Bien peu sur l'environnement, le climat, l'écologie, la compatibilité entre les contraintes qu'ils imposent et celles du développement et de l'emploi.

Bien peu sur le fonctionnement de notre démocratie, sur le fonctionnement des entreprises, et notamment des très grandes, soumises au jugement des financiers internationaux qui imposent un rapport de force souvent préjudiciable aux vrais créateurs de la richesse que sont les salariés, bien peu sur le rôle de l'Etat et des services publics, autre que l'approche comptable visant à supprimer 200 000 postes.

 

Des candidats pour gouverner ?

 

Les médias ont leur part de responsabilité, qui, tous confondus, sont naturellement enclins à privilégier le spectaculaire, le choc des mots. 

D'autant que chacun sait que si dire est facile, faire l'est moins, et que les "gros yeux" même derrière un karcher ne résolvent pas les problèmes des banlieues, qu'on veut résumer à une seule cause, l'islam, mais qu'on soupçonne un peu plus complexes que ça!

Dans quelques semaines, les choses sérieuses vont commencer, on peut espérer que les débats s'étofferont et s'élargiront.
Mais les candidats actuels croient-ils vraiment en leur chance ? Ont-ils vraiment le désir de présider la France ? Si non, on aura droit encore plus qu'aujourd'hui à des surenchères de propositions tout aussi délirantes et démagogiques les unes que les autres, et à côté des vrais sujets qui feront la France de demain.

 

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