La croissance n'a pas d'avenir

CroissanceOn n'en parle pas, c'est trop tôt, trop perturbant. Mais notre monde au système économique et social uniformisé et à la mondialistion galopante, va dans le mur. Car la clé du système repose toujours sur la croissance. Il faut produire, toujours et encore, pour que le plus grand monde ait un emploi. Et comme le progrès technique permet de produire plus avec moins de travail, il faut des taux de croissance de plus en plus forts. Avec un taux inférieur à +3%, pas d'augmentation des emplois !
Les plus visionnaires ont bien perçu les problèmes.

 

Le premier est qu'un tel taux est parfaitement inatteignable dans notre vieille Europe. C'était celui des trente glorieuses!
Le deuxième a une autre envergure: notre planète ne pourra pas supporter ces taux de croissance qui pompent ses ressources, polluent tout ce qui la compose.
Le travail a perdu son sens

Le troisième est lié au précédent. Pour obtenir cette croissance, le système libéralo-capitaliste, désormais sans concurrent, et disposant d'une abondante main d'oeuvre en quête d'emploi, soumet les salariés à de telles pressions et conditions de travail, que le travail lui-même, valeur fondamentale du système, perd tout son sens. La spécialisation et parcellisation des tâches, les valeurs proposées par l'entreprise aux salariés réduites à la seule accumulation des profits, l'accaparement de ces derniers au bénéfice principal des actionnaires et de l'élite dirigeante, la remise en cause des acquis sociaux des trente glorieuses qui fait de la précarité la situation ordinaire, remettent totalement en question la valeur travail, sur laquelle pourtant nos sociétés sont fondées.
Un ancien président de la Société Générale, dont le résultat le plus remarquable n'aura pas été d'avoir permis que la banque laisse libre un Kerviel de mettre en jeu l'existence même de la banque, comptait mobiliser les 100 000 salariés en leur bassinant qu'ils devaient avoir pour objectif l'accroissement de valeur pour l'actionnaire !! Comment cet énarque vaniteux pouvait-il imaginer que le guichetier smicard se lèverait chaque matin, dopé par la perspective d'accroître la valeur des fonds de pension des retraités américains?

Le pouvoir aujourd'hui n'appartient plus aux politiques, dont les gesticulations sont sans effet sur les choix stratégiques des entreprises multi-nationales. Mittal a fermé les hauts fourneaux qui restaient, Peugeot a fermé Aulnay, aucune multi-nationale ne paye plus d'impôt sur les sociétés en France, même si comme TOTAL ou BNPP elles affichent avec fierté des milliards d'euros de résultats. 
Les syndicats ne sont plus un contre-pouvoir.
Rien n'arrête aujourd'hui les entreprises capitalistes de pressurer en rond leurs salariés. 
Jusqu'au jour où le modèle sera rejeté par les peuples.
Sans doute pas sous la forme classique des révolutions des 19ème et 20ème siècles, mais par le refus d'un nombre croissant d'individus d'entrer dans le jeu d'un système gagnant pour les élites, perdant pour les 90% des salariés qui font le boulot. Par un refus de poursuivre la quête de bonheur illusoire dans une consommation toujours croissante de biens inutiles et polluants.  

Destruction de l'environnement et des gens. Le modèle libéralo-capitaliste affiche ses limites. Il est temps de réfléchir aux moyens d'infléchir les valeurs de profit qui constituent aujourd'hui le moteur principal de l'action des classes dirigeantes, pour aller vers une modèle où la consommation utile prendra le pas sur la production à tout prix et la recherche du profit, pour que l'homme soit remis au cœur du système.