Grexit, pourquoi pas?

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Au moment de la création de l'euro, experts et politiciens se pressaient pour nous persuader, sans jamais le démontrer, que l'euro était la solution unique pour nous apporter croissance, stabilité financière, prospérité. Il n'en a rien été, l'Europe se traîne avec des taux de croissance parmi les plus bas du monde, le chômage progresse partout, les déficits s'accumulent, la désindustrialisation s'accélère, les crises n'ont pas été évitées. L'Europe ne fait plus rêver personne.
L'euro n'est pas né d'un plan réfléchi qui aurait démontré sa nécessité, mais d'une volonté de deux dirigeants français et allemand en panne politique vis à vis de l'Europe. On n'a pas pensé aux conséquences de l'application d'une monnaie unique à un ensemble d'économies disparates, aux niveaux de développement inégaux. Les conséquences en sont d'autant plus fortes que sous l'instigation de Trichet et son prédécesseur, la BCE s'est engagée dans une politique d'euro fort, succombant à la pression des allemands, traumatisés par une crise financière vieille de plus de 70 ans.
La conséquence en a été l'accentuation de la désindustrialisation de l'Europe, dont la tendance est entamée depuis trente ans.

Comme il y a 13 ans, les experts nous assènent qu'un Grexit serait une catastrophe. Sans le démontrer davantage. 
Pourtant on peut très bien vivre sans l'euro. La monnaie unique est une bonne idée, à la condition qu'elle s'applique à un ensemble de pays aux niveaux de développement comparables, et à la force économique voisine. Un pays fort a intérêt à une monnaie forte. Mais ce n'est pas la monnaie forte qui rend une économie forte. Dix ans d'une gestion monétaire visant à une monnaie forte, sous l'impulsion des dirigeants de l'économie la plus forte, ont eu des effets dévastateurs sur la plupart des économies européennes. En France, l'euro fort a été la première cause de notre baisse de compétitivité.

Quoiqu'on en dise, un Grexit n'aura pas d'effet négatif sur la zone euro si l'économie de la zone est forte.
Pour la Grèce c'est plus compliqué. Une sortie de l'euro secouera très violempment le pays pendant plusieurs mois. La Grèce ne pourra plus emprunter, et si elle le faisait ce serait à un coût prohibitif. Le pays sera contraint de faire les réformes qu'il n'ose pas faire depuis des décennies, c'est à dire ne pas dépenser plus qu'il ne gagne, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Jusqu'à présent, la Grèce pouvait bien être en déficit, il se trouvait toujours quelqu'un pour lui prêter ce qui manquait. Hors de l'euro, sans recours financier de pays amis, elle sera bien forcée de rentrer dans les clous d'une gestion de père de famille. A moyen terme, ce sera bénéfique.

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