Halte à la libre sauvagerie

La France n'a jamais eu la puissance industrielle de ses voisins allemand et anglais. Alors elle souffre plus que d'autres ...

... de la concurrence asiatique, qui a explosé depuis une vingtaine d'années.
Nombre d'admirateurs inconditionnels du libre-échange et des bienfaits du marché ont le remède: baisser 
le coût du travail en France pour regagner de la compétitivité.
Ce doux rêve est évidemment proposé par la couche la plus aisée et la plus protégée de la population, celle qui n'est pas concernée par la dégradation continue des conditions du travail salarié qui appauvrit la France depuis plusieurs années. Ainsi chefs d'entreprises, hauts fonctionnaires, professeurs d'économie, ploliticiens, prônent-ils la misère sociale, pour les autres, pour résoudre les problèmes de la France. Ainsi certains qui gagnent cent ou mille fois le smic ont-ils l'impudence de réclamer la dérégulation du smic, mais ne conçoivent pas de rogner leur propre part du gâteau !
Ainsi ces poncifs n'ont-ils trouvé que le nivellement par le bas pour redonner à l'entreprise française la compétitivité qu'elle n'a pas face à ses concurrents sauvages.

Ce qu'on appelle le modèle chinois, qui fascine tant une certaine élite, est un anti-modèle: pas de protection sociale, pas de syndicats, des salaires de misère, pas de règlementation de sécurité, les explosions comme celle d'hier sont très fréquentes, règlementation sociale embryonnaire. L'exploitation des travailleurs y demeure la règle.
Est-ce cela qu' on veut pour la France et l'Europe ? Doit-on détruire toutes les conquêtes sociales du dernier siècle et nous rabaisser au niveau des pays en voie de développement, ou sous-développés, pour permettre aux riches d'être encore plus riches?
La libre concurrence n'est pas la panacée que les libéraux pur jus veulent y voir. Le marché a besoin d'états forts pour le réglementer, et fixer des limites à la cupidité des plus avides de richesse et de pouvoir.
L'Europe a fixé pour elle-même une immense armada de règles de sécurité, sanitaires, mais permet l'importation de produits extérieurs fabriqués dans l'irrespect des règles qu'elle s'impose. Avant de baisser le smic, d'offrir aux jeunes la précarité au lieu de la sécurité du CDI, l'Europe ferait bien de faire en sorte que toute la règlementation sécuritaire et sociale qui pèse sur les prix soit aussi respectée par les producteurs des produits importés. Et tant pis si cela doit conduire à l'augmentation de certains prix.