Ils ne comprennent rien

Aprés avoir sauvé (!) PSA, le pdg siffle la fin de la récré et annonce 20% de gains de productivité d'ici 2021. On comprend pourquoi: les salariés avaient été récompensés du précédent plan de restructuration à hauteur de 2000€ pour solde de tout compte, et lui de 3millions d'euros ... par an!!! 

Le libéralo-capitalisme est à bout de souffle.

Aux EU, le démocrate Sanders fait un tabac, sur un programme de gauche comme les EU n'on ont jamais connu. Il ne sera certes pas élu, et ne sera pas même le candidat démocrate. Mais sa popularité et le nombre de voix qu'il remporte à chaque élection primaire est le signe que même au pays du capitalisme, le ras-le-bol approche.
En Europe, tous les pays sont menacés par une vague populiste, dont un des principaux chevaux de bataille est un retour à une économie plus saine car plus humaniste. La droite traditionnelle n'a jamais fait preuve d'humanisme que le couteau sous la gorge, quand la gauche voulait l'être par idéologie. La gauche aujourd'hui se veut social libérale, plus libérale que sociale malheureusement.
La révolte populaire contre la réforme du code du travail montre l'exaspération d'une France qui travaille, et s'estime mal récompensée de ses efforts. Quand elle l'est! Les riches deviennent encore plus riches, exercent un pouvoir sans contre-partie, de plus en plus puissant et arbitraire. Hausse de la productivité, stabilité des salaires, flexibilité de l'emploi et du temps de travail, productivité sont leur seul et unique credo. Satisfaction du client, respect de la planète, bien-être des travailleurs, n'ont pas de place dans leur univers centré sur l'intérêt des actionnaires et de leur enrichissement personnel. 

 

Une contestation du système qui monte

Des signes de fin de règne sont pourtant là. 
Des mouvements anti-système émergent ici et là. Podermos en Espagne est devenu une vraie force politique, les droites populistes, toutes hostiles au capitalisme sauvage et borné, menacent d'accéder au gouvernement de nombreux Etats dans les prochaines années.
Nonbre d'intellectuels, de cadres, d'hommes politiques, sont conscients que le système a atteint ses limites, et que son maintien dans la continuité nous conduit dans le mur. 
L'injustice, qui est autant que le rire le propre de l'homme, progresse depuis la fin des années 80 comme jamais peut-être auparavant, et le terme d'exploitation des travailleurs n'est pas usurpé, quand on pense au nombre de travailleurs payés au smic et moins.

On joue avec le feu

Les mentalités sont longues à changer, dans les deux sens. Beaucoup vivent encore sur la lancée du rêve des années d'après-guerre, où le progrès social s'apparentait au rêve de l'histoire, avec ses effets positifs sur le partage des fruits de la croissance, voire du pouvoir.
Les moins de 30 ans n'ont pas cette vision historique, et son confrontés à la seule vision capitaliste du monde actuel, où accroissement de valeur pour l'actionnaire et taux de profit sont les seuls idéaux à se mettre sous la dent.
Au nom du profit et de la productivité, on a transformé le travail de chacun, au point de lui faire perdre tout sens. Conseiller un client sur la gestion de ses avoirs financiers a un sens. Lui donner des objectifs de vente de produits bancaires détruit le sens, quand l'intérêt du client ne va pas avec. Dépanner un client en panne a un sens. Cela n'en a plus quand on le fait sur des plate-formes téléphoniques géantes, où le temps est compté, celui à consacrer à chaque client comme celui pris pour aller pisser.
On sent un mouvement croissant de refus de ces évolutions, d'autant plus grand que les élites qui les imposent à qui mieux mieux toutes les lois qu'ils imposent. Les pdg explosent leurs rémunérations quand ils imposent le serrage de ceinture aux ouvriers et employés. Les élites de tous bords refusent leur contribution au pacte sociale en se délocalisant fiscalement et en participant à des montages honteux dans des paradis fiscaux.
Comme on croyait à tort que la guerre en Europe était du passé, on le croit aussi pour les révolutions. On aurait tort de le croire. A force de trop tirer sur la corde, elle se casse.