Impuissance ou mensonge?

Prostitution, transparence des banques, paradis fiscaux. Les politiques promettent tout, le résultat est nul. Impuissance? Hypocrisie?

Marthe Richard, il y a bien longtemps déjà, a voulu mettre fin à la prostitution en fermant les bordels. Ils ont été fermés, la prostitution a continué, s'est amplifiée même, et pas sûr que les femmes prostituées y ont gagné.
La finance domine le monde, pour le pire. Lui président allait la mâter, on allait voir ce qu'on allait voir. On n'a rien vu.

Le plus vieux métier du monde ...

TopelementDe la rue à la cour des puissants, la prostitution accompagne l'histoire. C'est bien, c'est mal? Que dire? La morale chrétienne par l'entremise de l'église la condamne, mais pas les Evangiles, enfin je ne crois pas. Car après tout, est-ce pire de vendre son corps que son âme, quand on fait pour son métier, son patron, son entreprise, des choses avec lesquelles la conscience est en désaccord? Le responsable RH qui met en oeuvre un plan social de confort n'est-il  pas lui aussi une prostituée, qui se vend pour de l'argent? Le vendeur conscient de produits nocifs, nuisibles, inutiles, ne l'est-il pas tout autant ? Le politique qui oublie ses idées et ses promesses pour se conformer à la loi du parti, le flic qui s'est engagé pour le respect de l'ordre et la justice et qui se transforme en tabasseur de "bougnouls" ne le sont-ils pas tout autant?
Très hypocritement, on n'embêtera plus les filles qui raccolent passivement sur le trottoir. Pas plus que les macs qui les font travailler et pompent la plus grosse partie de leurs gains. Mais le client qui recherche un peu d'amour quelques minutes par semaine, oui, amendes et prison lui sont désormais promis.  
Toutes les filles, maquées ou pas, seront pénalisées, sauf à se moderniser et utiliser Internet. La prostitution sera cachée, cachez ces prostituées que nous ne saurions voir, les bigots et bigotes rassurées, les politiques confortés dans une apparente efficience.
Et le plus vieux métier du monde continuera à vieillir. 

... il en est un autre

866287 attac sgLe commerce de la banque est aussi vieux que celui de l'amour. Se voulant moderne et aussi profitable que le pétrole ou l'immobilier, la banque est devenue finance, internationale même sur la lancée de la mondialisation. Tout lui est devenu bon pour faire du profit, jusqu'à jouer sur les matières premières les plus essentielles et faciliter la dissimulation à l'égard du fisc et des créanciers, rééls ou potentiels, en mettant en place des mécanos juridiques complexes dans les paradis fiscaux. Si elle n'a jamais brillé par sa moralité, la banque avait au moins le mérite d'être utile. La part la plus rentable de son activité est aujourd'hui nuisible, mettant en rique systémique la planète économique, et permettant aux très riches de fuir leurs obligations de citoyens.
Pour plaire au gentil peuple, un candidat président avait promis que lui président, il allait mâter tout ça. C'était naïf et enfantin, pas crédible, mais c'était dit.  Beaucoup l'ont cru, on ne peut pas leur en vouloir. Et rien n'a changé. Pas seulement parce que le changement était difficile, mais surtout parce que rien n'a été essayé. 
Après la crise 2008, la plus grave crise économique de l''histoire, on devait séparer les activités de détail et d'investissement des banques. La réforme entreprise a avorté, et tout continue comme avant, partout. Le trading à haute fréquence a même empiré les choses, et a rendu le marché parfaitement incontrôlable, un cataclysme prochain est inévitable.
On devait maîtriser les opérations avec les paradis fiscaux. Rien n'a été fait, sauf à croire sur parole les bonnes intentions des états truands, et les Panama papers ont démontré que les très riches dissimulaient à grande échelle, et que leur traque était quasi impossible.
Ne pouvant freiner la déferlante capitaliste, la gauche au gouvernement a renoncé, pour se couler dans le moule libéral-capitaliste qui veut que la liberté donnée aux entrepreneurs est le meilleur garant du bonheur de tous.

 

La morale ?

Il n'y a de morale ni en politique ni en économie. Le politique est satisfait s'il obtient et conserve le pouvoir. Pour lui, le pouvoir est une fin, pas un moyen. Sauf très rares exceptions, réservées à ceux que l'histoire appellera "grands hommes".
L'homo economicus jouit s'il s'enrichit, quels que soient les moyens.
Il y a bien ici ou là, de temps à autre, quelques empêcheurs de gouverner et s'enrichir en rond, syndicats, ONG, nuit debout, religieux. Mais pouvoir et argent font bon ménage, et l'association des deux a vite fait de mâter les moralisateurs. Telle est l'histoire de l'humanité, où les cupides et les dénués de scrupules imposent leur loi, et où les poètes, les artistes et les charitables apparaissent comme des petites lumières rares et trop éphémères. 
Le politique est menteur pour plaire, il l'est ensuite pour cacher son impuissance.