L'Europe saura-t-elle se remettre en cause?

L'Union Européenne et les chefs d'Etats et de gouvernements viennent de recevoir de nombreuses claques dans un court laps de temps. C'est l'existence même de l'Europe qui est en jeu. Sauront-ils se remettre en cause et privilégier l'intérêt général pour éviter l'éclatement de l'Europe?

L'austérité et la rigueur ont tué le rêve européen

Sous l'influence de l'Allemagne, toujours traumatisée par l'hyper-inflation qui a suivi la crise de 29, rigueur et euro forts sont censées être le remède à tous les maux. Un "expert" un jour a sorti de son chapeau que les déficits ne devaient pas excéder 3% du PIB. Pourquoi 3 et pas 2 ou 5, nul ne le sait. Mais la conséquence première a été une croissance molle, quand ce n'est pas la récession, et son cortège de chômage et pouvoir d'achat en berne, générateur lui-même de récession. Contraire des promesses de l'avant-euro, qui promettaient bonheur et prospérité à tous.
Déjà pénalisés par un euro fort, les pays à économie faible n'ont plus la ressource de la dévaluation compétitive qui leur permettaient précédemment de survivre. Comment dès lors empêcher leur déclin et l'émigration vers les pays forts, l'Allemagne, de leurs jeunesses? Grèce, Espagne, Portugal, pour ne citer qu'eux, ne s'en tirent pas, et les classes moyennes souffrent. Il faut que les dirrigeants européens en aient conscience, et trouvent un moyen d'aider les pays les plus faibles autrement qu'en accueillant leurs jeunesses et désertifiant leurs pays.
Ces dernières années ont vu la limite de la liberté de circulation des hommes - immigrations massives, dumping social - des marchandises - invasion de produits venus d'Asie qui a balayé nos appareils industriels - des capitaux - bulles financières, évasion fiscale, blanchiment. L'Europe doit montrer aux peuples qu'elle en a conscience, en privilégiant l'ntérêt des peuples par rapport à celui des principes.


 

Qui, pour défendre l'Europe?

Au point que le rêve européen s'est enfui. Et que plus personne n'ose défendre l'Europe et son bilan, et que les seuls discours qu'on entend sont ceux des euro-sceptiques et des populistes, qui sont souvent les mêmes. L'Europe pour eux est la source exclusive de tous les maux. Le bouc-émissaire. On a le sentiment que les dirigeants européens ne voient pas le danger du populisme, ou n'osent pas prendre la défense de l' Europe. Les europhiles laissent aux europhobes le procès en accusation de l'Europe, mais n'interviennent pas ou peu pour sa défense. A l'image du 1er ministre anglais, qui a cogné sur l'Europe pendant tout son mandat.
Les moteurs traditionnels de l'Europe sont en panne. France et Allemagne vont entrer en campagne électorale. Merkel et Hollande auront à combattre les candidats populistes, dont le discours démagogique anti-européen plait à tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont vu leur situation décliner ces dernières années et qui ont peur de l'avenir. Faisons donc confiance à Merkel et Hollande pour ... ne rien faire!
Junker n'est pas un mauvais commissaire, mais sa crédibilité auprès des opinions publiques est proche de zéro, lui qui a assis la prospérités de son duché sur l'optimisation fiscale, jamais très loin de l'évasion. Et quand on voit son prédécesseur aller s'engraisser chez Goldman Sachs, le conseiller marron de la Grèce, la coupe commence à déborder méchamment.

Le Brexit, goutte d'eau qui fera déborder le vase?

Que la Grande-Bretagne désavoue son premier ministre et se prononce pour la sortie de l'UE, après 40 ans d'adhésion, est un choc formidable. Et pour les populistes l'opportunité dont ils n'osaient même pas rêver d'affirmer aux peuples que sortir de l'UE est possible.
L'image des politiques ressort affaiblie, si c'était encore possible, de cette farce à l'anglaise, et les négociations à n'en plus finir qui vont commencer ... un jour ou l'autre vont achever de décrédibiliser tout le monde politique européen.
Il est plus que temps que les europhiles se remettent en question, fassent un bilan de ce qui va et ce qui ne va pas dans cette Europe qui reste la plus belle idée du 20ème siècle, qu'ils montent au créneau pour vanter les acquis, et présenter un projet pour une Europe solidaire, et non pas centrée sur la seule libre concurrence.
Il n'y a pas beaucoup de temps à perdre.