Qui osera appuyer sur le bouton?

Cameron a joué avec le feu, et non seulement il s'est brûlé, mais il a mis le feu aux maisons britanique et européenne. C'est le résultat de mensonges irresponsables, de manipulations des électeurs à des fins bassement électorales. On assiste là au pire de la politique.

Cameron restera attaché dans l'histoire à l'inconséquence des politiques, qui agissent non dans l'intérêt des peuples qu'ils sont censés diriger, mais dans celui d'eux-mêmes et de leur parti. Qu'avait-il besoin de consulter le peuple pour une participation à l'UE décidée il y a 40 ans ? Quelle en était la nécessité, si ce n'est clouer le bec aux députés conservateurs anti-européens? Et si lui-même était pour le maintien de la GB dans l'UE, n'at-il pas si violemment et si souvent critiqué l'Europe qu'il a convaincu une grande part de l'opinion du Brexit?
Pire que Cameron, Johnson. Ce grand bourgeois, camarade d'étude de Cameron dans les établissements chics d'Eton, son anti-européanisme s'est révélé il y a peu, dans le seul but de nuire à son vieux copain Cameron, et de prendre sa place au 10 Downing street. Flirter sur la vague du Brexit n'a été qu'un moyen pour se distinguer de Cameron, et jamais une vraie vision politique. Sa fuite devant ses responsabilités est pitoyable, bouffonesque, et prêterait à une franche rigolade si elle n'était pas si lourde de conséquences potentielles: éclatement de la GB, inflation et récession, perte de staut de grande place financière de Londres, amère déception des gens qui ont sincèrement cru que l'Europe était celle par qui le malheur était arrivé, désespoir des jeunes générations pour qui l'ouverure des peuples est plus porteuse d'espoir que le repli sur soi, dégoût des politiques menteurs et manipulateurs. 

Y aura-t-il un Brexit?

Las! C'est la débandade parmi les partisans du out. Ca brûle de toute part, et les pyromanes se débandent, avouant honteusement que les promesses de campagne étaient des mensonges, et que de programme, ils n'en ont pas le début de la queue d'un!  Johnson s'est défilé, la ministre de l'intérieur favorite à la succession de Cameron annonce qu'elle ne sera pas pressée d'appuyer sur le bouton du Brexit.
Y aura-t-il même un britanique qui l'osera jamais?
Le scénario le plus probable aujourd'hui est le statu quo. Les anglais ne demandent pas le Brexit, et on vit dans un flou non artistique sentant pourriture et confusion. Sans doute la GB refusera-t-elle de payer son écot à l'UE. Ce serait alors à l'UE d'exclure la GB. Ce n'est pas prévu, mais on trouvera bien des experts juristes pour dire que la situation le justifie. Mais qui à l'UE osera, là aussi, appuyer sur le bouton?
    

Un peu d'optimisme?

Les optimistes considèreront que les électeurs français et européens s'y reprendront à deux fois avant de céder aux sirènes de leurs bonimenteurs d'extrême droite, prêts eux-aussi à claquer la porte de l'UE, en n'en voulant pas voir les conséquences et sans afficher de contre-plan clair et sujet à discussion. Déjà Marine Le Pen soumet un Frexit à un référendum, alors qu'il faisait bel et bien parti du programme du FN, si tant est qu'il y en ait vraiment un.
Finalement, ce vrai faux Brexit anglais pourrait bien être l'électro-choc qui fera de nouveau croire à l'Europe! 

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