Et si le plus grand risque n'était pas l'Iran

Trump a choisi la pression maximale sur l'Iran. Il crée un climat de tension extrême, en vue d'agraver la situation économique du pays et de ses habitants, et au risque de se fâcher avec 90% de la planète, de faire éclater ce qui reste du bloc dit de l'ouest en amenant par réaction la Chine, la Russie et l'Europe à se rapprocher. Les EU d'Amérique seront alors seuls au monde. 

Et si le résultat était le contraire du but recherché

Sanctions économiques jamais vues envers l'Iran, menaces explicites et violentes à l'égard des pays qui contreviendraient au diktat américain et à l'égard des entreprises qui commerceraient avec l'Iran. 

La volonté américaine est claire, l'Iran est l'incarnation du mal, l'ennemi qu'il faut abattre. Et tous ceux qui ne s'engageront pas aux côtés de l'Amérique dans ce combat seront punis. Car le but final est désormais à peine voilé, il s'agit de créer en Iran une crise économique telle que la population se révoltera et abattra le régime islamique. 

Tant pis si le regard porté sur l'Iran est partial, tant pis si l'Iran n'est pas pire, et même plutôt meilleur, que le grand allié qu'est l'Arabie saoudite, financier d'Al Quaida, tenant d'un islam bien plus dur que le chiisme d'Iran, et auteur d'un carnage humanitaire au Yémen. Tant pis si Israel est plus conquérant, restant un des seuls pays au monde à agrandir son territoire par la guerre. L'objectivité et la finesse d'analyse ne sont pas le point fort de Trump. On le savait, de ce point de vue, on n'est pas déçu.

Car avec un peu de recul, Trump pourrait aussi penser que l'extrêmisme de sa politique, loin de générer la révolte des iraniens contre le régime en place, pourrait resserer les liens d'un pays à la forte identité, détenteur d'une riche histoire et d'une longue culture. On voit malheureusement que le nationalisme, qu'on croyait moribond, revient en vogue partout. Il n'est jamais aussi fort que lorsque le pays se sent menacé dans son existence. 

Quand une autre monnaie apparaîtra ...

Trump agit comme si les EU étaient encore les maîtres du monde. Or ça n'est plus vrai.
La puissance économique de la Chine dépassera bientôt celle des EU, sa balance commerciale est florissante, par opposition aux déficits abyssaux américains; depuis 40 ans, les EU ont accumulé les défaites militaires, Vietnam, Irak, Afghanistan, Somalie, Moyen-Orient ... et se montrent incapables de régler leurs lancinants problèmes intérieurs que sont le racisme, la violence urbaine, le gangstérisme, le port d'armes généralisé; les EU sont confrontés à de sérieux problèmes environnementaux que Trump et son administration se refusent de voir, mais qui surgiront violemment un jour.

La puissance des EU ne tient plus qu'au rôle du dollar, qui lui a été attribué un peu par hasard suite à l'inéfficience des accords de Bretton-Woods et du système monétaire international basé sur l'étalon-or. La baisse des réserves d'or a amené le système étalon dollar, et le dollar est devenue monnaie de paiement et de réserve lorsque, unilatéralement, les EU ont supprimé la convertibilité du dollar en or.

Que demain, européens, chinois, russes, asiatiques, optent pour une monnaie de paiement autre que le dollar, et c'en sera fini de la puissance américaine. Les détenteurs de dollars demanderont alors leur conversion en cette nouvelle monnaie de réserve et paiement, et les EU seront en défaut, et le monde connaîtra une crise financière comme il n'en a encore jamais vu.

Pourquoi ne pas généraliser la bombe si elle est dissuasive de la guerre ?

L'Iran selon Trump oeuvrerait en cachette à construire sa bombe. La prolifération nucléaire est un risque pour l'humanité, mais celle-ci a choisi de la développer. Ce sont même les EU qui ont été les premiers sur les rangs, et qui restent de surcroit les seuls à avoir osé l'utiliser, sans même que leur survie ait été en cause

La bombe atomique aurait le grand mérite de favoriser la paix, parce qu'elle serait dissuasive de la guerre. Dont acte.
Alors pourquoi interdire à l'Iran de la détenir lorsque son voisin Israel la détient, et qu'on sait qu'Israel a depuis toujours une politique agressive, et ne craint pas de violer le droit international ? Est-ce que l'Iran avec la bombe serait plus dangereux qu'Israel avec la bombe? Depuis l'après-guerre, Israel a déclenché plus de guerres que la plupart des pays au monde, annexant des territoires en violation du droit international, faisant de Jérusalem sa capitale, réprimant les manifestations palestiniennes avec une rare violence. Dans le même temps, l'Iran n'a déclaré la guerre à personne, et a au contraire subi l'agression du grand voisin irakien, soutenu par les EU, avec comme résultat ni vainqueur ni vaincu, mais un million de morts, et l'Irak à feu et à sang depuis. 

L'Inde et le Pakistan, ennemis s'il en est, ont chacun la bombe. Il n'y a pas lieu de s'en réjouir, mais ni le régime extrêmiste hindou ni celui ambigu du Pakistan ne semblent envisager de l'utiliser.

La bombe atomique est la pire création sortie de l'imagination infinie des hommes. Dépenser des milliards pour son obtention alors que la misère, la maladie, gangrènent le monde, est à désespérer de l'homme. 

Mais interdire aux autres ce qu'on se permet à soi est toujours insupportable. En développant la bombe atomique, les EU ont mis le doigt dans le pot de confiture, et tous les états veulent y goûter. Oh! les américains auraient bien voulu rester seuls à la détenir, mais comment les autres puissances auraient-elles pu accepter un tel état de fait?

Ainsi une bonne dizaine d'états se sont équipés de la bombe, toujours contre l'avis des américains, de Gaulle ayant même à l'époque quitté l'OTAN pour se libérérer des EU. Le mouvement est parti, tous les pays qui se sentent menacés veulent la bombe dissuasive, y compris la Corée du Nord qui ne peut pas voir d'un oeil rassuré les manoeuvres militaires des américains en Corée du sud. Et l'Iran n'est pas plus illégitime que les autres pays à détenir la satanée bombe atomique.

La prolifération de la bombe est évidemment un risque pour le monde, car si la raison dissuade de son utilisation, la folie d'un chef d'état sera toujours à craindre. 

Celle d'un Trump par exemple ! 

Trump mai18