Y a-t-il encore une gauche?

Police raid
Rien ne distingue plus depuis longtemps la gauche et la droite sur le plan économique. Les différences s'estompent aussi sur le plan social, humain, sécuritaire. 

Bonnet blanc et bonnet blanc
Cela fait belle lurette que le parti socialiste n'a plus de socialiste que le nom. Si on considère que l'appropriation collective des moyens de production est le fondement même du socialisme, la gauche y a renoncé depuis 1984. La gauche a délibérément opté pour l'économie de marché, la concurrence, la mondialisation, le capitalisme, même financier. Pourrait-il en être autrement, sans doute pas, mais la conséquence en est bien que gauche et droite sont sur le plan économique bonnet blanc et blanc bonnet
La gauche est-elle même encore sociale?
On peut en douter au vu des choix récents des dirigeants actuels.
Depuis 2012, sous prétexte de crise, le smic n'a pas été aidé. Quelques euros de plus par an, pas même de quoi compenser l'inflation pourtant faible, voilà de quoi doivent se satisfaire les travailleurs les plus pauvres de la France "socialiste". Par le même temps, des avantages financiers inégalés ont été accordés aux entreprises pour accroître les embauches, que personne n'a vu ou ne voit venir.
Face à cette impuissance, François Hollande a cru bon de se transformer en chef de guerre en multipliant les interventions militaires en Afrique et Moyen-Orient, et déclarant solennellement et même pompeusement que la France était en guerre contre Daesch. On ne peut pas s'empêcher de se demander s'il n'y a pas là une tentative de récupération d'évènements dramatiques à des fins stupidement politiciennes, les élections présidentielles étant maintenant en ligne de mire. Des occidentaux et d'autres sont en guerre contre Daesch en Syrie et en Irak, oui. Les attentats terroristes en France ou ailleurs, aussi atroces soient-ils, faits par des individus décalés et désespéres, ne sont pas le fait d'une situation de guerre. Vouloir apparaître comme le sauveur de la patrie peut sembler un bon moyen de récolter des bulletins de vote, mais n'est pas le trait d'un vrai homme d'Etat.
On a donc déclaré l'état d'urgence, qui permet de perquisitionner et assigner en rond, en donnant à la police les quasi pleins pouvoirs. Tout le monde est content, la droite sécuritaire, qui le demandait, pensant peut-être que la gauche n'oserait pas, et les français blancs de peau, qui s'imaginent que cela ne concernera que les autres! 

Les trois mois vont sans doute être renouvelés, les perquisitions s'enchaînent par centaines, avec des succès modestes, et des dégâts humains et psychologiques qui auront des conséquences. On connaît les impacts très négatifs des délits dits de faciès. C'est ce qu'on fait actuellement en perquisitionnant sans retenue. On entre de force chez les gens la nuit, de préférence en défonçant la porte, on hurle de s'allonger à terre, on fait le ménage dans tout l'appartement, et on s'en va au bout de deux heures en n'ayant rien trouvé dans neuf cas sur dix, sans excuses, sans remboursement des saccages occasionnés.
La gauche va proposer la possibilité de déchéance de nationalité à toutes les personnes possédant une double nationalité. Hollande avait promis cela aux partis de droite, il s'y maintient malgré l'opposition de son camp, et l'éclatement de la gauche qu'il menace. Car Hollande pense qu'il peut ramener vers lui des voies de gauche égarées, et que la gauche ne votera jamais à droite. Il se trompe. Les voies de droite n'iront jamais vers Hollande, et celles de gauche peuvent aller vers un Jupé ou l'abstention.
Hollande perd son âme en voulant transformer son image débonnaire et hésitante en chef de guerre sauveur de la nation. Les classes populaires ont déjà quitté la gauche, demain ce seront les musulmans.  
Et les idées de gauche dans tout ça?
Envolées, sacrifiées sur l'autel de la politique politicienne, de la volonté d'être réélu, à tout prix. C'est le pouvoir pour le pouvoir, sans vision particulière, sans volonté de faire ou défaire, sans vision du futur, sans projet.
La gauche est devenue équivalente à la droite, esclave du marché, à la botte des capitalistes qui sont présumés avoir la main sur l'emploi. Ceux qui ne voudront pas de cette bouillie démocratique auront-ils demain d'autre choix que le vote Front National? 

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