FIFA, justice et Platini

Ballonfoot
La Commission d'éthique de la FIFA a rendu son jugement: Blatter et Platini sont suspendus pour huit ans de toute activité liée au football.

Déjà ça fait plaisir de savoir que l'éthique fait partie du monde de la FIFA! Ca rassure !
Pour Blatter, ça ne va pas changer grand-chose vu qu'il approche des 80 ans. Il pourra être chagriné par le déshonneur qui le frappe, mais la corruption pratiquée à l'échelle qui était la sienne pouvait-elle être celle d'un homme d'honneur?
Pour Platini, c'est un coup d'arrêt à son ambition. Dans huit ans il aura 70 ans et sera un inconnu ailleurs qu'en France.
Pas sûr qu'il faille le regretter.

 

A la tête de l'UEFA, on ne peut pas dire que l'ére Platini ait été celle du changement.
Sa volonté de freiner les surenchères du prix des joueurs a fait long feu, tout est pire qu'avant. Les dollars du Qatar font plus que jamais la bonne fortune du PSG, comme ceux des milliardaires russes ailleurs. La course au prix des joueurs se poursuit de plus belle à coup de millions d'euros.
Surtout il n'aura pas eu la volonté de moraliser les matchs en introduisant comme au rugby la vidéo pour arbitrer les actions et buts litigieux. Il n'aura pas su non plus freiner les ardeurs agressives des joueurs qui interdisent aux attaques menées de loin de parvenir à leurs fins. Le rugby a su le faire, pas le football.

 

Enfin on peut s'interroger sur la bonne foi du français, qui se dit peu intéressé par l'argent, mais qui estine la valeur de quelques semaines de ses bons conseils à 1,8 millions d'euros, et ne se les fait payer que 10 ans après. Peut-être s'est-il fait piéger par son mentor Blatter, son désormais pire ennemi du monde après avoir été son meilleur ami. Mais son soi-disant désintéressement aurait pu le conduire à refuser ce cadeau de plus de 100 années de smic, d'autant que ses gains de joueur de foot et ses rémunérations à la tête de l'UEFA doivent lui permettre de vivre à l'aise jusqu'à la fin de ses jours.
On doit surtout s'interroger sur la raison d'être de ces super structures associatives qui privatisent le football et sont un fromage pour ses élites dirrigeantes.

 

La FIFA doit les milliards qu'elle brasse aux droits audiovisuels qui ont explosé les années passées. Les bénéficiaires? Le Qatar et sa chaîne de sports privée qui semble n'avoir aucune limite de prix ni aucun souci de rentabilité. La conséquence est qu'un grand nombre de matchs internationaux sont désormais du ressort exclusif ce ces chaînes privées, et tant pis si elles ne touchent qu'un nombre très limité de spectateurs. La FIFA s'en fout, elle n'est pas là pour diffuser la pratique du football ni permettre au plus grand nombre de regarder les matchs. Elle est là pour s'en mettre plein les poches et permettre aux dirrigeants d'arroser les pays électeurs pour qu'ils votent pour eux. Et ça marche.
Une des fonctions de la FIFA, il y en a quand même, est l'organisation des tournois mondiaux. Dernier bénéficiaire? Le Qatar, encore lui, alors que personne n'y joue au foot, que la température de 50° n'est pas la plus propice au jeu, que l'idée de stades couverts et climatisés est irréalisable. Mais les commissions ont été juteuses.
Quand Platini reçoit un journaliste d'une chaîne de télé française, il est à Athènes, en pleine crise grecque, dans un palace x étoiles, appartement de plusieurs dizaines de m², immense terrasse avec piscine. Pendant ce temp-là les clubs qui font les joueurs de demain se prostituent pour acheter des maillots.
Là comme ailleurs, l'argent a tout pourri. Blatter et Platini sont tombés. On ne pleurera pas. Les successeurs auront-ils le courage de démollir un système si profitable pour ceux qui sont dedans? Franchement, on en doute.