Acheter français

Made in franceFrançois Hollande a mis à profit sa présence sur le Tour de France pour crier son inquiétude sur le sort des éleveurs français. Sa réponse? Acheter français.
Comme il a raison. 

C'était le cheval de bataille de Montebourg. Mais velléitaire, au fond, il a préféré se faire virer du navire par des postions politiques provocantes.
Acheter français est la meilleure manière de défendre notre économie. Mais ce n'est pas toujours facile.

Le prix d'abord. Sous le double effet de l'explosion des pays asiatiques et de la politique vaniteuse européenne d'un euro fort, la compétitivité de l'industrie française a fondu comme neige au sleil ces trente dernières années, avec une accélération depuis 15 ans. La grande distribution a sa part de responsabilité, qui fait du prix le seul critère de conquête du marché, et fait pour cela  son marché à l'étranger. Cela pourrait changer un peu, si les grandes surfaces y voient leur intérêt commercial.
La vanité des consommateurs ensuite. Acheter étranger fait chic. N'est-ce pas beaucoup plus chic de rouler en voiture allemande, même toute petite, plutôt que dans une clio, C3 ou 208? Elles sont plus chères? Elles ne sont en rien supérieures aux voitures françaises? Peu importe, rouler en béhème, Audi ou Mercédès, c'est ça qui affiche sa réussite sociale. Regardons les voitures stationnées dans les quartiers bourgeois: les allemandes y sont bien plus nombreuses que les françaises. Mais lorsque PSA ou Renault sont à la peine, leurs propriétaires appellent l'Etat au secours! Mais tous ces snobinards qui roulent allemands se posent-ils jamais la question de leur responsabilité dans la crise qui frappe notre pays?
L'information aussi. A partir de quand un produit est-il "made in France". Des critères ont été fixés, appliquon-les.
La qualité enfin. Si les voitures françaises n'ont rien à envier à leurs consoeurs étrangères, le "made in France" n'est pas en soi gage de qualité. Il y a de très bons poulets en France, il y a aussi de la m..., poulets nourris trop rapidement avec de la bouffe industrielle et tués de façon cruelle.
Alors oui, il faut cultiver "l'acheter français". Et ce serait bien que la gauche réussisse là où la droite a échoué par indifférence ou absence de prise de conscience. La distribution et les consommateurs doivent prendre conscience de la conséquence de leurs actes, et si ce n'est pas par patriotisme qu'ils choisissent le "made in France", que ce soit par intêrêt. Car lorsqu'il n'y aura plus de paysans en France ni d'industries, on sera au niveau de la Grèce, dépendant seulement du tourisme. Et les générations futures seront contraintes d'aller chercher leurs emplois à l'étranger.

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