Et si la cupidité condamnait la mondialisation?

Le 02/08/2026

Dans Humeurs

Quel avenir et quel bilan pour la mondialisation, à l'heure où elle est remise en cause dans nombre de problèmes du monde ?

Des effets positifs inégalement partagés

Chine

Sur le plan économique, il est sûr que le développement du commerce généré par l'ouverture des marchés a profité à de nombreux pays en voie de développement, en premier lieu la Chine, en passe de devenir la première puissance économique mondiale. De manière plus générale, l'Asie a su tirer avec succès son épingle du jeu.
Pour l'Occident, le bilan est plus mitigé. Le point le plus positif est la baisse des prix permise par l'importation massive de produits venus de pays à faible salaire et à peu de contraintes sociales. Elle a permis une augmentation quelque peu contestable du pouvoir d'achat, parce qu' au prix d'une désindustrialisation gigantesque entraînant chômage, désertification des territoires, perte de souveraineté, et au final perte du savoir-faire. Au point que c'est le déclin définitif de l'Europe qui peut en résulter.

En Occident, les principaux bénéficiaires  ont été les grandes entreprises internationales, qui ont pu et su optimiser les coûts de revient en délocalisant leurs productions tout en augmentant leurs marchés. Victoire à la Pyrrhus sans doute, la Chine ne se contentant pas d'être l'usine du monde, mais briguant le premier rôle aussi en matière d'innovation. L'idée d'antan selon laquelle savoir-faire et innovation seraient réservés à l'Occident, tandis que la production à faible valeur ajoutée le serait à la Chine a été totalement déentie par les faits, la Chine cumulant déjà les deux tandis que l'Occident est sur la route pour devenir un continent musée.

Planète en danger

Le développement à outrance du commerce international a profondément et irrémédiablement dégradé notre planète, causant pollution et dérèglement climatique. Les océans sont devenus une poubelle, la vie s'y réduit comme peau de chagrin, les normes anti pollution sont bafouées, rendant vains les efforts pour conserver une alimentation saine et des conditions de production agricole et industrielle conformes à la santé du vivant. Profitant de cette augmentation inespérée des marchés, les entreprises les plus cupides et les moins scrupuleuses ont atteint des dimensions qui les placent au-dessus des Etats, et rendent très aléatoire leur fiscalisation.

Cette course des entreprises à la puissance et la domination a déteint sur les Etats dominant le monde, les EU et la Chine. Alors qu'on espérait que le commerce allait pacifier le monde par les échanges et les intérêts croisés qu'il engendre, le risque de troisième guerre mondiale n'a jamais été aussi fort. Le monde se réarme à grande vitesse, et les commandes de sous-marins, missiles, drones, bombardiers et autres instruments de mort font le délice des industriels de l'armement et de leurs actionnaires. La mondialisation devait nous protéger des guerres, elles n'en seront que plus cruelles!

Un monde déshumanisé

Competitivite 1

La compétitivité est présentée comme la condition sine qua non d'une société efficace, et l'homme n'y est jugé qu'à cette aune. S'il a encore une petite place dans les démocraties, celle-ci se réduisent sensiblement, menacées de surcroît par les montées de l'extrême droite. La mode est aux régimes autoritaires, et nombre d'habitants des démocraties sont fascinés par l'efficacité économique qu'ils permettent.
La compétitivité est devenue comme une nouvelle religion, qui déshumanise le travail et les rapports humains. Elle est un nouvel esclavage, non étranger à la progression fulgurante des drogues, violences, et aussi de la perte de sens et de repaires éthiques et moraux. 
Et le bonheur dans tout cela ? Santé, confort, espérance de vie ont très largement progressé, mais est-on plus heureux dans la société du 21ème siècle que dans celle du 18ème ? Le progrès aujourd'hui fait peur, et en tous cas ne fait plus rêver grand monde, la justice sociale est en panne, la planète est en péril, chacun se replie sur soi, et à la solidarité familiale et villageoise d'antan prend souvent place la solitude.

Bientôt en France on va élire l'homme providentiel censé résoudre tous les problèmes. Il sera élu au second tour par la moitié des votants, soit 35 à 40% des français, et au bout de trois mois sa popularité sera effondrée devant son incapacité à changer la vie comme annoncé. Il faudrait pour cela changer le monde, ce n'est pas encore pour demain.