Programme de campagne

Le 19/06/2026

Dans Humeurs

Bientôt la campagne électorale et son cortège de promesses. Quelques idées à suivre.

Des caisses vides

2027, c'est très bientôt, l'heure des programmes et des promesses plus ou moins responsables, va bientôt sonner.

La première devrait être le rétablissement des comptes publics, avec des plans à moyen terme de rééquilibrage du budget et d'allègement de la dette. Ce n'est pas sexy, et peu d'électeurs sans doute choisiront un programme sur ce critère, pourtant c'est la condition sine qua non du maintien du rang de la France et de sa crédibilité dans le monde et en Europe. Si la France continue à être le boulet financier de l'Union européenne, son poids politique se réduira comme peau de chagrin, au risque même de sa marginalisation voire exclusion de la zone euro..

L'affaire Lyhanna a montré la grande faiblesse de la justice française. Tout le monde le savait, et là comme ailleurs, la politique de l'autruche a sévi. Pas assez de magistrats et greffiers, des prisons surchargées et offrant des conditions de vie effroyables et indignes d'un état qui se veut de droit, des affaires qui traînent en longueur indéfiniment, 70% ou plus des délits autres que crime de sang ne font l'objet d'aucune poursuite, un système de peines à revoir dans son ensemble pour que la prison ne soit pas la seule possible. Bref, la population n'a plus confiance dans sa justice, et même beaucoup en ont peur. C'est tout l'état de droit qui menace de s'effondrer, ouvrant des voies remettant en cause la démocratie.

L'Etat providence installé en France depuis 1945 fait de la France un pays généreux pour les plus pauvres. Mais la démographie et l'économie posent la question de son maintien dans les années qui viennent. Population vieillissante et en baisse, économie à l'arrêt, interdisent le maintien du système actuel où les actifs paient les retraites des retraités, où l'Etat rembourse la quasi totalité des frais de maladie. L'hôpital est exhangue, combien de personnes âgées décèdent suite à de trop longs séjours dans les salles d'attente des urgences, la médecine privée ne fait plus le job quand il faut plus de trois mois pour rencontrer n'importe quel spécialiste.

Rien ne va plus

Depuis le début des années 90 la France a vu fondre son industrie qui n'a pas su résister à la concurrence internationale qu'elle souhaitait pourtant ardemment. Les grands patrons ont misé sur l'externalisation pour rester compétitifs, au lieu de l'innovation, et à ce jeu-là, ont perdu et l'activité de production et la capacité d'innover. On ne reviendra pas en arrière, et la faiblesse économique de la France qui met en cause sa souveraineté sera le problème crucial des prochaines années. Sûr que tous les candidats sauront proposer des solutions !

Le monde a changé, la guerre redevient un paramètre de la géopolitique, il faut rattraper des décennies d'illusions pacifistes. Il faudra de l'argent, mais aussi des ingénieurs, des remises en cause, de l'inventivité, des priorités acceptées, donc des sacrifices.

L'Europe est en berne. Le très européen Macron n'a pas réussi à redonner l'élan qu'il escomptait, bien au contraire. Ses mandats auront vu la GB quitter l'UE, le moteur franco-allemand s'enrayer, et l'UE se plier jusqu'à l'humiliation face aux diktats de Trump. L'offensive russe sur l'Ukraine a bien réuni les européens, mais pas assez pour s'entendre sur une défense commune. L'arrêt après des années de tergiversations des projets communs d'avion de combat et de char d'assaut confirment l'absence de foi dans l'Europe de l'ensemble des dirigeants, incapables de hisser l'intérêt général au-dessus de celui des Etats.
Il faudra que les deux favoris de la compétition présidentielle, aux faibles convictions européennes, expliquent quel pourra être l'avenir de la France dans ou hors de l'Europe !

Culpabilisée par ses crimes liés à la colonisation, la France a ouvert largement ses portes aux migrants économiques, légaux et illégaux.  Naïve et manquant de courage, la gauche a laissé faire, ignorant les difficultés locales, aveugle à la surpopulation immigrée de certaines banlieues, submergées par le communautarisme, la délinquance et la fin de l'état de droit. A une extrême droite alarmiste et mettant en avant un potentiel grand remplacement, la gauche au pouvoir et loin des préoccupations des gens, a fait l'autruche, et la gauche extrême de Mélanchon récupère la théorie du grand remplacement pour en faire un avenir politique. 
Il faudra tout de même s'occuper de ce sujet explosif, qui oppose la nécessité que nous aurons de faire appel à la main d'oeuvre étrangère pour assurer les tâches que les français dits de souche ne veulent plus faire, ou ne peuvent plus faire parce  que leur nombre est en baisse, et le sentiment, qui est souvent une réalité, que la France fout le camp avec une population qui refuse de partager ses idéaux, ses principes, son histoire, sa culture.

Démagogie à l'oeuvre

La faiblesse de la démocratie est bien sûr le risque de la démagogie, et l'élection au suffrage universel d'un président de la République doté de réels pouvoirs l'accroît sensiblement. Aucun risque donc que la rigueur budgétaire soit au menu, bien au contraire, le risque est fort que les nouvelles promesses n'engagent la France vers encore plus de dettes et de déficits, et maintiennent tous les problèmes cités, et les autres, dans un immobilisme explosif.