Confinement - encore

Bientot deux semaines de confinement, et le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint. Attendons-nous donc à ce que le confinement dure tout le mois d'avril. Quelques pensées à propos de cette grave crise.

La faute à la logique
capitaliste

 

 

 

 

 

 

 

Les médias font l'info

 

 

 

 

La fin de l'Europe?

On n'en parle pas, mais si la France, comme la plupart des pays occidentaux, n'a pas pu réagir comme les spécialistes l'auraient voulu, c'est que la logique capitaliste a été très néfaste à l'appareil sanitaire.
Depuis des décennies, l'hôpital est sommé d'appliquer les règles de gestion suivies par les entreprises cotées, réduire les coûts. A cette fin, on a fermé des hôpitaux, supprimé des lits, réduit les effectifs, regardé d'un oeil suspicieux les investissements. L'Etat pour sa part a été contraint sous l'effet de l'opinion et de l'air du temps, à réduire les impôts, ceux des riches particuliers comme des entreprises.
Le résultat est que nos hôpitaux sont exsangues, sans marge de manoeuvre, sans élasticité. Fin 2018, sans crise particulière, une dame de 92 ans a été amenée par les pompiers aux urgences de Lariboisière. Elle est arrivée à 10h30, est restée la journée entière sur un lit dans le couloir, sans alimentation, et a été reçue en consultation à minuit.
Quand arrivent dans ces conditions-là des vagues de malades suite à une épidémie, cela ne peut être que la débandade.
 

La liberté de l'information est essentielle dans ces situations de crise, et ce qui se passe en Russie, Turquie, Egypte, Chine, où l'information est muselée et les journalistes emprisonnés, est insupportable. Mais on a le sentiment que dans les pays libres, ce sont les médias qui font l'info, et non l'inverse. On peut s'interroger sur la sincérité du catastrophisme généralisé de tous les médias, qui parlent de l'épidémie à tort et à travers, même quand ils n'ont rien à en dire, montent en épingle des cas particuliers sans précaution et sans avoir toutes les informations, font le buz à partir des choses les plus insignifiantes. Tout est bon pour faire peur, critiquer ce qui est fait, polémiquer pour retenir l'attention.
 

Même en ces temps difficiles, l'Europe n'est pas unie. Toutes les mesures de tous les pays vont dans le même sens, mais chacun les prend séparément et pas en même temps. Surtout l'Allemagne refuse toujours d'assumer les écarts de taux entre elle-même et les autres, notamment l'Italie. Elle montre encore et toujours une conception très réductrice de l'Europe, celle d'un grand marché offrant des débouchés à ses entreprises. C'était aussi la conception de la GB, avec les conséquences que l'on sait. Par son président, la France aura essayé de relancer l'Europe, il l'a encore montré en lançant la proposition des "corona bonds". L'Allemagne, toujours l'Allemagne, s'y est opposée. L'Europe est en train de mourir, et Merckel en portera une bonne part de la responsabilité.

Quand on ne rasera
plus gratis

 

 

 

 

 

Nous restons des
privilégiés

 

 

 

 

 

La ministre qui
stockait

Les soutiens apportés aux économies sont uniques dans l'histoire. Les montants sont abracadabrantesques, la logique économique est balayée, tous les paramètres qui ont guidé les politiques monétaires, budgétaires, fiscales de l'ensemble des Etats explosent. Aucun économiste, même le plus imaginatif, n'a jamais imaginé une telle situation. On va voir exploser les déficits budgétaires, les financements des banques centrales, sans doute va-t-on voir apparaître la monnaie hélicoptère. Que va-t-il ressortir de tout cela ?  Comment les populations comprendront-elles, quand les choses seront redevenues normales, que le déficit est une mauvaise chose, qu'on ne peut pas distribuer de l'argent à tout le monde, même s'il en a besoin? Les Etats vont raser gratis dans les semaines qui viennent. Pourquoi cela devrait-il s'arrêter ? 
 

Il y a beaucoup de râleurs, surtout en France, et tous les ministres et présidents qui sommeillent dans chaque français contestent toute décision prise. Mais il faudra reconnaître qu'Emmanuel Macron a été l'un des premiers à réagir en Europe. Après, il n'avait pas toutes les armes, personne ne les avait, et lui et son gouvernement n'en portent pas la responsabilité. Avec les moyens du bord, ils ont agi en personnes responsables, en sachant prendre conseil et informer les français. Pensons aux pays qui n'ont pas la chance d'avoir un gouvernement responsable (le pire est sans doute le Brésil), et à tous les pays pauvres où 30, voire 40% de la population vivent dans des bidonvilles, n'ont plus de travail, ne seront pas indemnisés car pas repérés administrativement. En Inde, des millions de migrants repartent dans leurs pays, sans un sou, à pied, mal traités par la police, dans le dénuement le plus extrême. Même dans la crise, nous restons des privilégiés, sachons ne pas l'oublier.
 

La foule en délire des réseaux sociaux accuse les ministres, et même le président, du nombre insuffisant de masques. Cette même foule en délire, emmenée par des députés, des ministres, peut-être même un président, avait cloué au pilori la ministre de la Santé de l'époque, Roselyne Bachelot, parce qu'elle avait constitué un stock de masques très important. Gaspillage, avaient hurlé les loups, dilapidation des fonds publics, surenchérissaient-ils. Et la ministre d'être traduite en justice, vilipendée par la Cour des Comptes, et évincée de son ministère.
Alors, que ceux qui hurlent aujourd'hui réfléchissent un peu. Dans quel camps étaient-ils, ou auraient-ils été, en 2010 ? Car à cette date, pas grand monde soutenait la ministre !

économie politique