Des réformes, encore des réformes ...

Manuel Valls veut des réformes, encore des réformes, toujours des réformes! Il ne nous dit pas pour quoi faire. Si, pour avancer. La belle affaire! Mais avancer vers quoi? Mais reculer peut aussi être louable si on avance dans la mauvaise direction, non? 
Son sujet du jour:

... il y a trop de dépense publique.
Mais qu'est-ce qui lui permet de dire ça? L'économie française est incapable de fournir du travail à sa population. Et c'est structurel. Jamais on ne reviendra au plein emploi, tout le monde le sait. Prises dans des objectifs financiers imposés par le libéralo-capitalisme mondialisé, les grandes entreprises ne sont plus créatrices nettes d'emploi en France, et ne le seront plus jamais. Les PME font ce qu'elles peuvent, mais la France n'aime pas son industrie, au sens large, et la mentalité entrepreneuriale des français fait défaut. L'économie numérique dans laquelle on ne fait qu'entrer va bouleverser le marché du travail et détruire des centaines de milliers d'emploi.

Alors est-ce si opportun de baisser les dépenses publiques? Certes s'il y a moins de dépenses, il y aura moins de besoin de recettes, donc une baisse d'impôts possible. Possible! Mais quelles dépenses diminuera-t-on? Le nombre de contractuels? Pôle Emploi paiera à la place de l'Etat, on n'aura rien gagné financièrement, et on aura crée désespoir et colère, dégradé le service. Les dépenses d'investissement? Mais nos équipements deviendront obsolètes, les entreprises travaillant pour l'Etat déposeront le bilan, les investissements du futur attendront que le passé les rattrape. 
Ne voyant pas plus loin que le bout de leurs mandats électoraux, nos politiques de droite comme de gauche, extrêmes y compris, n'ont qu'une faible vision de l'avenir. Les mesures sont prises au jour le jour, au gré des promesses électorales, au gré des diktats des organismes de notation, des technocrates bruxellois irresponsables devant les citoyens.
Ce n'est pas de nouvelles lois, décrets, arrêtés, circulaires, règlementations, interdictions, dont la France a besoin. On ne fait que les accumuler depuis des décennies, les textes s'empilent les uns sur les autres, ils sont remplacés avant d'avoir reçu un début d'application, débouchant sur une règlementation hypertrophiée, sclérosante, inapplicable, décourageant toute initiative.
On a besoin d'optimisme, d'humanisme, de générosité. On a besoin qu'on nous dise que le monde ne va pas dans le mur. On a besoin qu'on nous redonne foi dans la modernité, parce qu'elle permet d' ouvrir la voie vers un monde meilleur. On a besoin qu'on libère nos idées, nos initiatives 

Alors des réformes de petit chef-comptable et de gendarme de nos activités, non, on a donné. 
 

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