Un plan bien plan-plan

Hollande en personne monte au créneau pour annoncer un nième plan pour l'emploi. La différence avec les autres? Le mot urgence !!!

Combien avons-nous eu de plan pour l'emploi depuis la crise pétrolière de 1974 ? Le taux de chômage était de 2% dans les années 60, il est au-dessus de 10 aujourd'hui, et n'a connu entre les deux que des périodes de hausse, à de très rares exceptions près. Pourtant les plans se sont succédés à un rythme d'un tous les trois ans, et sans cesse des mesures ont été mises en place. Avec le succès que l'on sait!
Pourquoi?
D'abord le nombre d'emplois nécessaire au plein emploi a augmenté ces trente dernières années, sous l'effet de l'arrivée massive des femmes sur le marché du travail et de travailleurs immigrés. 
Au même moment, l'industrie avait à oeuvrer dans un contexte concurrentiel jamais vu jusqu'alors, sous l'effet de l'Europe élargie et de la mondialisation. Aveugles et ignares, nos politiques européens ont choisi ce moment pour mettre en oeuvre un euro fort, dont l'effet unique a été de balayer en quelques années des pans entiers de l'industie française, traditionnellement moins dynamique et audacieuse que ces consoeurs allemandes et scandinaves. En même temps aussi, l'industrie connaissait des progrès technologiques majeurs avec l'arrivée de l'informatique et du numérique, qui depuis plus de 30 ans permettent de remplacer l'homme par la machine, taillable et corvéable à merci comme le demande l'entrepreneur capitaliste. La robotisation qui s'amorce va accélérer le phènomène, et multiplier les suppressions d'emplois. Ainsi la Société Générale va-t-elle fermer le quart de son réseau d'agences d'ici 3 ans. Pour commencer! Et il est évident que toutes les banques à réseaux vont faire de même. Notons que le secteur bancaire est aujourd'hui celui qui emploie le plus de monde!
Cet effet de sciseau est mortel, et ce n'est pas une aide provisoire à l'embauche des jeunes ou une augmentation de l'aide à une formation dont tout le monde s'accorde à douter de l'efficacité qui changera le cours des choses.
D'autant qu'aux effets tendentiels ci-dessus s'ajoute la gestion capitaliste des entreprises. Le rachat de Bouygues Télécom par Orange en est symbolique. On a fait venir Free sur le marché parce qu'on estimait que trois opérateurs seulement n'assuraient pas une saine concurrence. Quelques semaines après, on veut nous prouver que quatre c'est trop. Orange alors achète Bouygues, mais pour ne pas atteindre une part de marché supérieure à 45%, on dépece BT, dont les activités vont être réparties aux uns et aux autres. On croit rêver! A terme, il ne restera rien de Bouygues Télécom, comme cela s'est passé ou se passera pour Péchiney, la CGE, la sidérurgie et le reste. Au total de l'opération Orange/Bouygues: des milliers d'emplois supprimés, des salariés conservés rabaissés et culpabilisés, des prix clients en hausse, et ... un gros bas de laine pour Martin B. et ses héritiers, qui n'en n'avaient pas besoin.

C'est le système qui est malade, malade de ce capitalisme triomphant qui défie les lois, les Etats et l'éthique. De ce capitalisme qui paupérise 90% des salariés, tue à petit feu qui s'accélère la planète, permet à un nombre de plus en plus restreint de s'accaparer de plus en plus de richesses et de pouvoirs.
Alors le p'tit plan plan de Hollande et des autres !!!