Mais même sans marine, sans aviation, sans alliés, l'Iran reste debout, et le nouvel ayatollah crie sa haine et son désir de vengeance. Si la production de missiles trouvera sans doute ses limites, cela ne devrait pas être le cas des drones. Et les petites vedettes kamikazes ne sont pas encore entrées en action.
Soyons clair, l'Iran ne battra pas les EU et l'Israël, mais sans invasion de l'Iran par des troupes à pied, il n'y aura pas de capitulation des ayatollahs, et le régime se maintiendra.
Et le temps joue contre Trump qui a bafoué les règles de la démocratie pour se lancer dans une opération hasardeuse qui n'a jamais rencontré l'assentiment de la majorité du peuple américain. Les temps prochains s'annoncent difficiles pour lui, qui aura contre lui le peuple, dont l'électorat Maga, et le Congrès. A l'opposé, on peut penser que un certain nombre d'iraniens pourrait soutenir leur gouvernement, même détesté, face aux destructions massives des agresseurs occidentaux.
D'un côté un gouvernement tout puissant, hai mais victime, qui a le temps avec lui, de l'autre un chef d'Etat d'une démocratie bourgeoise, qui surestime sa puissance, et dont la liberté d'action va aller en se réduisant pour bientôt disparaître.
Les démocraties sont le fruit de pays qui ont trop aimé la guerre, et qui maintenant, amollis par le confort et les regrets, ne sont plus prêtes à en supporter longtemps les horreurs.
Les guerres ne sont jamais décidées par les peuples, mais sont les décisions de dirigeants dominés par leur désir de puissance et de conquête, personnages névrotiques indifférents au bonheur et bien-être des peuples qu'ils sont censés diriger. Les démocraties où les peuples s'expriment, par le vote, manifestations, presse, sont en postion de faiblesse face aux régimes autoritaires où la volonté du grand chef doit s'appliquer sans contestation.
Le risque est fort que la volonté populaire contraigne Trump à se retirer d'un conflit appelé à être long. C'en sera fait du peu de prestige et donc d'influence que le Sud global porte encore à l'Occident et ses démocraties.