Une nouvelle page

Le 29/03/2026

Dans Humeurs

Malgré les destructions massives, la décapitation des dirigeants des institutions du pouvoir, l'Iran tient. 

L'Iran tient

Malgré le déluge de bombes et l'assassinat de dizaines de dirigeants des principales institutions du pouvoir, l'Iran tient. Avec des forces militaires qu'on évalue à 500000 hommes, comprenant l'armée, les gardiens de la révolution et les bassidjis, motivés voire fanatisés, formés, à la gestion décentralisée, le pays fait mieux que résister en développant une stratégie visant à désorganiser l'ensemble de la région et faire douter les alliés des américains de la réalité de leurs alliances. Les missiles et drones sur l'Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Koweït et aussi Israël, en nombre décroissant mais en précision accrue, et le blocage du détroit d'Ormuz mettent en péril l'alliance, font douter de l'efficience de la domination américaine, et font de l'Iran le maître des horloges.
 

L'inefficience de la guerre

Malgré une hostilité de principe à la guerre, malgré un dégoût épidermique du personnage Trump, on pouvait se prendre à espérer que si jamais sa guerre marchait, et qu'elle aboutissait au renversement du régime odieux des ayatollahs, alors tant mieux !

Malheureusement, quatre semaines plus tard, on comprend que ce n'est pas par la guerre que les mollahs et les gardiens de la révolution quitteront le pouvoir. 
Certains ont voulu croire que le peuple en profiterait pour se révolter contre leurs bourreaux. Mais comment faire quand on n'est pas armés, et qu'en face, des dizaines de milliers de bassidjis fanatiques tirent sans aucun état d'âme sur tout ce qui bouge.
Après un mois de bombardements, de destructions, de morts, on peut craindre même que le pouvoir sorte renforcé avec l'appui d'iraniens qui vont choisir leur pays contre la destruction étrangère.
La guerre telle qu'elle est menée actuellement est incapable de renverser le régime s'il n'y a pas de révolte intérieure, provenant du peuple ou de forces armées, ou d'intervention terrestre massive ayant pour but la conquête du pays et de Téhéran.
Cette dernière hypothèse est totalement exclue, tant pas les américains que les israéliens, parce que trop coûteuse, trop longue, et surtout trop incertaine. Conquérir un pays fort de 500000 militaires, grand comme trois fois la France, comprenant déserts et montagnes, est une opération quasi insurmontable. Les 500000 américains engagés dans la guerre du Vietnam ont mis des années à échouer au Nord Vietnam, 100000 km2,   combien d'hommes et combien de temps faudrait-il pour conquérir un pays de plus de 1600000 km2 très vraisemblablement rassemblé contre l'envahisseur ? A l'échec du Vietnam, ont succédé les déroutes de l'Iraq, de l'Afghanistan, de la Syrie, de la Somalie .

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Au bout d'un mois de guerre, une chose est sûre : la guerre n'entraînera pas la chute de la théocratie en Iran. L'Amérique de Trump n'y croit plus, et celle qui peut y croire encore, s'il y en a une, n'est pas disposée à consacrer à la cause le temps, l'agent, les hommes nécessaires. 
L'urgent pour Trump, c'est de fuir, mais pas dans la débandade et l'humiliation comme à Kaboul. Un gain, même symbolique, fera crier victoire à Trump, et lui fournira l'opportunité de fuir les lieux en vainqueur de l'honneur américain.

Mais le retrait américain entraînera t-il l'apaisement iranien? Rien n'est moins sûr, et avec l'aide discrète de la Russie, voire de la Chine ou de la Corée du Nord, l'Iran pourrait bien continuer à bombarder Israël et les pays du golfe, et rendre payant le passage du détroit d'Ormuz. Le pire des scénarios pour les américains qui verraient l'image et la crédibilité des EU annihilée !

 

C'est l'image de tout l'Occident qui serait atteinte, au profit ce celle du sud global, sous la houlette de la Chine, qui prendrait un rôle et une importance à la mesure de sa dimension économique, financière, scientifique.
Cela pourrait bien être une nouvelle page de l'évolution du monde qui se tournerait.