Future union ?

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L'air du temps est propice à l'extrême droite, Zemmour fait la une de tous les médias jusqu'à l'écoeurement, Le Pen et LR sont ringardisés. Bulle temporaire fabriquée par les médias, ou lame de fond de l'opinion ?

La parole interdite

 

Il y a quelques années, avant le succès massif des réseaux sociaux, il ne faisait pas bon afficher des idées d'extrême droite. La proximité de la guerre et de ses horreurs était encore dans les têtes, on savait de quoi l'homme était capable, et le "plus jamais ça" était une ligne de conduite.
Les idées humanistes du siècle des Lumières avaient encore un sens, les messages généreux du christianisme aussi. 
Tout n'était pas rose, mais on voulait croire à une progression de l'humanité vers un monde apaisé, fait de tolérance et de compréhension de l'autre, excluant racisme et exclusion pour idées, moeurs, religion.
Les grands médias, l'opinion, les politiques, adoptaient dans l'ensemble ces grands principes, interdisant de parole et d'expression ceux, et il y en avait, qui ne partageaient pas ces idées. 

 

Les Réseaux sociaux ont libéré la parole

Et puis les réseaux sociaux sont arrivés, libérant la parole de ceux qui implicitement en était jusque là exclus. Ils ont pu prendre conscience qu'ils étaient loin d'être les seuls à penser comme eux, et que la pensée dominante émanant de la bourgeoisie dite éclairée n'était pas, loin s'en faut, partagée par tout le monde.
Les langues et les claviers se sont déliés, les non-dits passés sont devenus idées, constats, vérités parfois, puis ont été adoptés en tout ou en partie par une part croissante des français, et aussi récupérés par les partis traditionnels.
L'émigration, les problème raciaux, la pauvreté, les injustices, sont sortis des sujets tabous que les droites et gauches bobo ne voulaient pas voir par peur d'avoir à les traiter. Ce qu'on cachait parce qu'on ne voulait pas voir est devenu problème numéro 1 de beaucoup de gens, ceux qui ne vivent pas dans les beaux quartiers ou les lotissements embourgeoisés.

 

Le Pen puis Zemmour

 

Ainsi Marine Le Pen a pu récupérer une bonne partie de cette France populaire au contact quotidien des difficultés consécutives à une immigration non maîtrisée, ces classes populaires abandonnées par la mort du rêve communiste et un parti socialiste qui s'est perdu entre les mains d'énarques ignorants, voire méprisants, de leur vécu.
Mais les ambitions présidentielles de Marine ont amolli le discours, la volonté de ratisser un plus large le corps électoral l'a fait évoluer vers un politiquement correct plus acceptable par le grand nombre.
Et Zemmour est arrivé !

 

Zemmour remplit un vide

Ce n'est pas un nouveau venu ni un poulet de première jeunesse, il a 63 ans. Mais il est novice en politique, pas de parti, pas de mandats, il a le parler franc, il parle comme un prof d'histoire, et expose ses idées derrière une apparence de recul historique et de nostalgie de temps anciens supposés heureux, aujourd'hui disparus, mais qu'il nous promet de nous faire revivre.
Bien entendu, il n'y a pas de temps heureux, les cartes postales en noir et blanc de campagnes, villes et villages du passé sont certes attendrissants, mais taisent les difficultés réelles de la vie des temps anciens.
Mais en l'absence de réponse des gouvernants, quels qu'ils soient, face aux injustices créées  par la mondialisation et le capitalisme qui placent le profit au coeur de l'action au détriment du bien-être des hommes,  les messages portent.

Quand on ne croit plus dans le personnel politique "officiel", on se raccroche au premier discours populiste venu, Trump, Bolsonaro, Zelanski, et autres Podermos. 

 

Et maintenant ?

Zemmour n'est pas encore candidat, et peut-être le soufflet retombera t-il !
Mais les idées autrefois interdites s'affichent maintenant au grand jour, elles sont discutées, commentées partout, banalisées. C'est évidemment dangereux, car plus rien n'est désormais en dehors des lignes. Pire, les programmes des uns et des autres s'adaptent aux idées de l'extrême droite, lui empruntant un nombre croissant d'axes d'action.

Marine Le Pen semble dépassée, ringardisée même par le phénomène Zemmour, candidat sans l'être, sans parti, sans vrais soutiens, sans programme, sans hommes et femmes pour un gouvernement potentiel.

Peut-être ira-t-il jusqu'au bout, peut-être non. 
Son succès de l'instant se fait au détriment du RN, mais pas uniquement. En ajoutant les voix qui s'expriment dans les sondages en faveur des deux, Zemmour et Le Pen totalisent autour de 35%.

Il n'est pas fou d'imaginer l'inimaginable d'aujourd'hui : une alliance Zemmour Le Pen avant le premier tour. Un boulevard leur serait ouvert vers la victoire.

Restera le second tour, bien embarrassant pour nombre de leaders politiques comme d'électeurs !

 

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