Le pape a dit ...

Au cours de son voyage en Amérique latine, le pape François a des discours violents contre l'économie qui tue, et met en avant le catholicisme révolutionnaire.
L'économie tue, c'est une évidence.
La mondialisation économique et financière a remisé le pouvoir politique au rang des pouvoirs subalternes, et libéré les freins de la cupidité, laissant libre cours à l'appropriation des richesses par un nombre de plus en plus restreint d'individus. 

Par le moyen des stock-options, bonus, parts variables, dividendes, salaires hors normes, les élites dirigeantes s'octroient des rémunérations indécentes, tandis que 90% des salariés peinent à suivre l'augmentation du coût de la vie et que les plus jeunes sont condamnés à la précarité. On n'hésite plus à licencier et fermer dans les pays riches, pour produire dans les pays pauvres en exploitant hommes, femmes et enfants. Comment Castorama peut-il vendre une grande cisaille de jardin à pas tout à fait 6 € ? On aimerait bien voir les conditions de travail et de vie des ouvriers qui oeuvrent à la fabrication de ces produits. Il n'y a aucune morale dans cette économie mondialisée, qui exploite à mort les ouvriers du monde qui fabriquent les produits, et tue ceux de leur pays en supprimant leurs emplois. Oui l'économie tue.
Mais François a tort quand il parle du caholicisme révolutionnaire.
Le message du Christ est révolutionnaire. Et le martyr des premiers chrétiens en est une démonstration incontestable. Mais cela fait longtemps, bien longtemps, que le catholicisme ne l'est plus. En voulant faire les rois, ou en acceptant de les faire, l'église s'est faite complice de tous les pouvoirs. Et pas sans contre-partie. En se faisant complice des conquistadors, puis du colonialisme, elle a joué les riches et les puissants contre les pauvres. En s'organisant sous une forme hiérarchique percevant l'impôt, elle a permis les pires abus et débouché sur un train de vie des hiérarques en totale contradiction avec les messages de pauvreté et d'humilité du Christ. On admire spontanément les palais des évêques à Rome. On est horrifié quand on pense que ces palais et les oeuvres d'art qu'ils contiennent ont été amassés par les guides d'une église prêchant la pauvreté et l'humilité. Pour les autres?

Alors le pape a raison dans son discours.
Mais l'église catholique a trop pêché pour y être crédible. Fastes du Vatican, des cathédrales et des palais épiscopaux, compromissions en tous genres avec les pouvoirs en place, y compris les pires, crimes commis pour soi-disant propoger et défendre la foi, inquisition, guerres de religion, croisades, ont créé un fossé infranchissable entre l'institution catholique et la foi qu'elle est censée défendre. Dommage !

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