Le troisième plan de la dernière chance

Un accord a été trouvé, reste à le faire valider par les 19 de l'UE. Un 3 ème plan d'aide va être mis en place, on parle de plus de 70 milliards d'euros.
Sur le plan politique, Tsipras a bien joué.
Le Grexit n'est plus tabou, on n'en est pas passé bien loin, certains s'en sont effrayés, d'autres l'ont souhaité, et tous ... 

... en ont réalisé que c'était une chose possible. Surtout, fort de l'appui que Tsipras a demandé au peuple grec pour mettre en oeuvre une politique contre laquelle il a été élu, il permet à la Grèce une austérité, certes, mais avec contreparties, et à lui-même de rester au pouvoir. On ne peut que s'en féliciter, car Tsipras, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, est la dernière chance de la Grèce.
Ce troisième plan a-t-il plus de chances de réussir que les deux autres ? On peut évidemment en douter, tant le fossé à franchir est grand pour faire de la Grèce un pays économiquement fort. Administration et classe politique à sortir de la corruption et du clientélisme, système fiscal à recréer, industrie à construire pour que les grecs ne soient plus comme aujourd'hui dépendants des importations pour les dépenses du quotidien, remboursement de la dette qui interdit les dépenses d'investissement.
Une sortie de l'euro eût-elle été préférable ? L'augmentation de la compétitivité qu'apporte usuellement la baisse de la monnaie n'aurait joué que très partiellement, la Grèce n'ayant pas d'industrie. Seul le tourisme aurait pu être dopé, si un retour à une monnaie locale ne dissuadait pas certains voyageurs. Par contre, le prix des produits importés aurait explosé. L'inflation qui en aurait résulté aurait fait s'effondrer le pouvoir d'achat de 80% de la population, amenant chômage, baisse des impôts, déficits, entraînant la Grèce dans une spirale baissière mortelle. Une fois le fond atteint, et personne ne sait le situer précisément, alors il y aurait rebond. Mais quand et à quel prix?
Parce que la Grèce était dans la zone euro, le monde a prêté à la Grèce au-delà du raisonnable. On prêtait non pas à la Grèce, mais à la zone euro. Cette facilité a permis à la Grèce de vivre sans faire les réformes. L'euro a sa responsabilité.
Si ce 3ème plan n'est pas plus efficace que ses prédécesseurs, c'est à dire si les réformes tardent et si les prêteurs sont aussi généreux, alors on aura reculé pour mieux sauter. Et à ce moment-là, il n'y aura plus personne pour défendre l'appartenance de la Grèce à la zone euro.

 

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