Fin du "plus jamais ça" ?

838 poutineL'Europe, cette partie la plus civilisée du monde, se trouve à nouveau engagée dans la guerre. On croyait bien pourtant que la conquête de territoires était rejetée dans la poubelle de l'histoire. Mais non!

La faute impardonnable de l'Occident

Faisant fi des réserves du monde entier, il l'a fait. Poutine a pris la périlleuse décision d'envahir les deux provinces séparatistes de l'Ukraine, au risque, souhaité peut-être, d'un incident qui justifierait pour lui l'invasion de toute l'Ukraine.

Poutine a raison quand il dit que l'occident a mal traité la Russie après la chute du communisme. Car c'était bien une initiative russe, et c'est bien Gorbatchev qui a redonné leur liberté à toutes les républiques soviétiques.
Et alors que que tous les pays satellites se sont vus courtisés par l'occident, via l'Otan et l'UE, la Russie a été laissée à l'écart, comme si elle devait rester à jamais étiquetée communiste, soviétique et impérialiste. Pestiférée.

Pendant toutes les années 90 et suivantes, l'Occident a traité la Russie  en puissance de second ordre, et présentant le même risque que l'ex-URSS. On a intégré à l'Europe les ex satellites de l'URSS, mais pas la Russie, comme si elle n'avait pas changé.

Une plaie jamais fermée

Un chef d'Etat, ce n'est pas quelqu'un comme tout le monde, quelque soit le régime, démocratique ou autocratique. Alors que l'Occident aurait pu ou dû féter la Russie pour avoir mis à bas le grand ennemi du capitalisme, elle a été remisée au rang des états de second ordre et surtout marginalisée totalement en Europe. L'OTAN, bâti pour se protéger du risque soviétique, non seulement n'a pas été aboli, mais a accueilli tous les anciens pays européens de l'ex bloc soviétique.

Outre le risque géo-politique évident que cela pouvait représenter pour la Russie, c'était aussi et surtout une humiliation suprême pour un pays à la riche et longue histoire, et co-maître du monde à l'époque soviétique.

On n'humilie pas les personnes ou les nations impunément. Et même si Poutine n'était pas président à cette époque, le mépris avec lequel la Russie, pourtant libératrice, a été traité, est une blessure qui ne s'est jamais guerrie.

 

Des sanctions pour la forme

D'un côté un homme blessé comme la nation qu'il représente. De l'autre, un dirigeant cynique qui connaît assez l'Occident pour savoir que jamais aucun pays européen ne prendra la décision d'envahir la Russie. L'Europe démocratique est devenue pacifique.

Et parce que Poutine le sait, il tire sur la corde, parce qu'il sait qu'elle ne se cassera pas. Une guerre avec la Russie serait bien trop destructrice et incertaine pour l'Europe.

L'Europe se contentera donc de sanctions formelles et faibles, parce que des sanctions fortes coûteront aussi cher, voire plus, à l'Europe qu'à la Russie.

 

La fin possible du système monétaire international

A la différence de nos démocraties, Poutine a peu de comptes à rendre, et il a le temps devant lui. Sa capacité à imposer au peuple russe les difficultés économiques nées des sanctions du monde occidental est infiniment plus grande que celles des occidentaux face aux ravages économiques générés par une rupture avec la Russie. Poutine peut nous couper le gaz, fermer les filiales françaises en Russie, couper les importations, le peuple russe en subira sans broncher les conséquences quand en France par exemple, des milliers de gens défileront dans les rues pour que la France assouplisse son attitude envers le dictateur pour que le gaz se remette à couler.

On peut sortir la Russie du réseau Swift, comme on l'a fait pour l'Iran. Mais outre que les ayatollahs sont toujours au pouvoir depuis plus de quarante ans, cela sera l'occasion pour les pays hostiles à l'occident de mettre en place un système de paiement en dehors du dollar, basé sur le yuan et des monnaies nationales, comme cela commence à exister déjà entre la Chine et la Russie, ou la Chine et l'Iran.

 
 

Le rôle du dollar comme monnaie de paiement et de réserve internationale sera remis en cause, et les conséquences pour l'Occident seront catastrophiques.

Le système monétaire international implosera, les EU seront en faillite car incapables de rembourser leur dette abyssale, la valeur du dollar s'effondrera, et avec elle, la suprématie économique et politique des EU. 

Un monde nouveau en naîtra, dominé par la Chine et l'Asie.

 

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