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La bonne conscience

Il a suffi de quelques heures pour que Carlos Ghosn dégringole de son piédestal, et soit honni du monde entier. Presque personne pour le défendre des accusations lourdes contre ses pratiques cupides, mais sa bonne conscience est intacte. Preuve en est qu'il plaide aux Prud'hommes pour ses indemnités de retraite. C'est l'aveuglement des gens de pouvoir, ancrés dans un système où ils sont enfermés et aveugles.

La chute

Du sommet où il s'était placé, ne discutant plus guère d'égal à égal qu'avec les chefs d'Etats, passant la moitié de sa vie dans des jets luxueusement équipés, accumulant les villas luxueuses dans nombre de pays du monde, méprisant ses pairs, se prenant pour le meilleur pdg du monde, sauveteur de Nissan et de Renault, se faisant octroyer des rémunérations mirobolantes, ce qui ne l'empêchait pas de pomper dans la caisse via des montages contestables, le citoyen et roi du monde qu'il pensait être s'est vu rattraper par des aussi cupides que lui. Son orgueil a dû en blesser plus d'un, son ego surdimensionné l'a rendu aveugle au monde qui l'entoure, sa soif de pouvoir l'a empêché d'asseoir la pérennité du Groupe sur une organisation efficiente prenant en compte les cultures de chacun.

La chute est violente, l'humiliation en aurait tué plus d'un. Pas lui, qui fort de sa fortune et d'un réseau qui n'exclut pas les barbouzes, a réussi une évasion spectaculaire qu'on verra bientôt au cinéma.

Mais l'homme est resté le même, orgueilleux, s'érigeant en victime intégrale d'une justice japonaise partisane. Mais de remise en question, point. 

Pas de mea culpa

Pendant toute son impensable conférence de presse, Carlos Ghosn s'est érigé en victime, seulement en victime. 

Certes il l'est, il a été indubitablement dénoncé, trahi, on a voulu sa peau et on l'a eue. Il reste que son bilan n'est pas tout blanc, qu'il a commis des fautes. De pareilles chutes sont parfois l'opportunité d'une réflexion sur soi, sur ses actes. Pas Carlos Ghosn apparemment.

Qu'il ait pompé ou pas dans la caisse malhonnêtement, il n'en reste pas moins que son enrichissement est extravagant, et qu'il a abusé de son pouvoir pour se constituer un patrimoine et un train de vie de nabab.
Après avoir supprimé 21 000 emplois pour sauver Nissan, fermé des usines en France et dans le monde, assis son succès sur la délocalisation dans des pays à bas coûts comme la Roumanie, maintenu les salaires des non-cadres à leur plus bas niveau, il aurait dû s'abstenir de vivre en roi, et se contenter de ses salaires officiels, qui s'élèvent déjà chaque mois à plusieurs années de smic.
Ses luxueuses résidences, ses jets, ses cérémonies versaillaises, son attitude hautaine et son orgueil, ses rémunérations officielles et occultes abyssales sont autant d'insultes à tous les salariés du Groupe qui se serrent la ceinture et vivent dans l'angoisse quasi permanente du prochain plan social. 

Tout cela est la honte du capitalisme. Alors certes il n'est pas le seul, cela n'est évidemment pas une bonne excuse.

Un groupe qui n'en serait pas un

On s'est flatté en France que Renault Nissan soit devenu pour un temps le numéro 1 mondial en nombre de voitures produites. Certes.

Mais cela est dû à Nissan et non à Renault. Et pour ce dernier, c'est Dacia et les salaires bas de Roumanie qui ont fait son succès. De moins en moins d'usines en France, de moins en moins en moins de salariés, de moins en moins d'impôts payés.

Alors qu'a apporté à la France la gestion de Carlos Ghosn ?

Surtout, on a le sentiment que le tigre à la tête duquel s'est hissé Ghosn n'est que de papier. Depuis son départ, le groupe irait à vau l'eau. C'est Carlos Ghosn qui le dit. Des rumeurs, peut-être non fondées, courent sur une séparation prochaine des deux partenaires français et nippon. Suffirait-il donc du départ d'un homme, fût-il pdg, pour que vingt années d'efforts s'écroulent en quelques semaines ? 

Si cela se confirme, c'est que la mayonnaise n'a pas pris, que les nationalismes restent plus forts que la culture commune, et que Carlos Ghosn a échoué à créer un Groupe, et que ce Groupe n'existait que sur sa seule autorité, ce qui on le voit aujourd'hui, est bien insuffisant.

Le côté noir du néo-libéralisme

Carlos Ghosn représente le symbole du côté noir du capitalisme. Il est l'exemple type du pdg compétent certes, mais cupide, orgueilleux, ambitieux, sans crupule ni états d'âme, autant de "qualités" pour un grand pdg dans un système capitaliste destructeur des hommes et de la planète. 

Pour ces gens-là, seul le profit compte, le bien-être des gens les indiffère, l'intérêt des Etats leur est étranger, comme celui de la planète.
Pour ces gens-là, la quête du profit est le moteur primordial et l'instrument de mesure de l'activité humaine, et ils entendent bien accroître le gâteau pour être les premiers à se le partager.

La réflexion est engagée sur l'avenir de ce modèle, et sur sa capacité à répondre aux besoins des gens et de la planète. 

Elle n'a pas encore atteint le cerveau de Carlos Ghosn et de nombre de ses pairs. 

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