Quand la démocratie est désespérante

Palais erdogan
Quelqu'un a dit un jour que la démocratie était le moins pire des régimes. Quand on voit le résultat des élections en Turquie, on ne peut qu'être affigé, terriblement.
 

Erdogan évolue inéluctablement vers la mégalomanie. Son palais insensé de 3000 pièces, plus grand que Versailles, en est l'affligeant témoignage. Il évolue vers un islamisme croissant, le doit des femmes recule, pour ne citer que ça. Le nationalisme bêtifiant relance la guerre avec les kurdes. Les rapports avec l'occident se dégradent, les droits démocratiques sont bafoués, ses relations avec l'Etat islamique sont pour le moins ambigues.

Et pourtant le peuple turque lui offre une majorité absolue au parlement. On ne peut pas s'empêcher de penser à l'Allemagne des années 30, où le peuple, lui aussi, a porté au pouvoir le plus grand massacreur d'hommes de tous les temps. Erdogan n'en est pas là, n'en sera sans doute jamais là, mais il est un dictateur en devenir. En devenir immédiat. Il l'a montré, sans que personne ne puisse en douter.
Et pourtant, le peuple l'agrée, le peuple turc y consent.
Lundi, les Bourses sont en joie et progressent. Les financiers n'aiment pas le changement, une bonne dictature bien stable valant mieux que des mouvements vers la démocratie. La finance n'a rien à faire des peuples et encore moins des individus qui les composent. Alors viva Erdogan et la dictature qui s'annonce, même islamisante. 
Le monde est bien désespérant, où les peuples eux-mêmes élisent leur destructeur sous les bravos des capitalistes du monde entier!