Mediapart ou quand on veut tuer son chien ...

De Rugy a craqué sous le lynchage médiatique. Parce que son nom était sali, que sa crédibilité était réduite à néant, que partout sur son passage fleurissaient les images de homards. Le monde devient un immense facebook, ou la recherche du buzz prédomine sur celle de l'information. De Rugy n'a peut-être pas été exemplaire, mais quid de Mediapart qui fait les poubelles, encourage la délation, soulève des "affaires" qui n'en sont pas vraiment, à la seule fin de faire parler de lui pour plus d'audience et de business. 

Le buzz à tout prix

Ca y est, de Rugy est parti, Mediapart a réussi son coup, même si maintenant il lui faudra trouver un autre bouc-émissaire pour faire le buzz.

Rejeté par les Verts, son ancien parti, snobé par les marcheurs jaloux de sa position de numéro 2 du gouvernement, pas défendu par les parlementaires, mécontents de la régulation de leurs dépenses du temps où de Rugy présidait l'Assemblée, il a flanché, même si Edourd Philippe et Emmanuel Macron lui gardaient officiellement leur confiance.

Sur le fond, on lui reproche des peccadilles.

Des repas fastueux à l'Hôtel de Lassay, d'abord. Mais n'est-ce pas le cas dans tous les ministères, qu'en est-il au Sénat où Larcher ne semble pas friand des seules carottes rapées et eau minérale ? Tous les ministères disposent de fins cuisiniers et de riches caves, alors oui, on y mange bien, et trop luxueux. C'est au gouvernement de mettre de l'ordre dans tout ça, de réduire le train de vie des ministres, en supprimant cuisines et cuisiniers, caves, bureaux lambrissés, et en introduisant de la simplicité et du contrôle de gestion dans le quotidien des ministres.

Il aurait déduit de ses impôts 1400€ au titre de don à son parti, versé sur son indemnité non imposable. La belle affaire ! Cela ne vaut même pas un redressement fiscal !

Il aurait bénéficié d'un logement social, pour un appartement qui serait sa résidence secondaire. Il s'agit de 48 m² dans un village de l'ouest, au loyer de 700€ par mois, loué après sa séparation pour accueillir ses enfants pendant ses week-ends de garde ! Et rien ne disait à François de Rugy qu'il s'agissait d'un logement social, conditionné à des normes de revenus.

 

Ce qu'a fait Médiapart, c'est dégueulasse

La liberté de la presse, ce n'est pas la liberté d'écrire n'importe quoi

Des affaires, il y en a à soulever, dans le secteur public et dans le secteur privé. Peut-être encore plus dans le privé. Certaines sont des scandales financiers énormes, des ventes d'armes interdites, des pratiques commerciales, financières, sociales, destructrices de l'homme et de la planète, certaines entraînent la mort d'hommes et de femmes, même dans nos sociétés démocratiques. 

Alors quelques centaines d'euros légèrement dépensés ou gagnés au fisc, ce n'est pas bien, certes, et on doit le dénoncer. Mais cela ne mérite pas tant d'acharnement, tant de hargne, tant de haine. Mediapart, c'est l'Edouard Leclerc de la distribution. Le premier se prend pour le grand défenseur de la liberté de la presse, alors qu'il n'est trop souvent qu'un canard à scandales dans le seul but de faire parler de lui. Le deuxième se croit le défenseur du consommateur, alors qu'il n'est que le fossoyeur des producteurs français et un commerçant trop malin.

Au départ est un invité du couple de Rugy. Très heureux et très fier, n'en doutons pas, de participer à un beau dîner dans le prestigieux hôtel de Lassay, invité par un ministre, en compagnie de personnes du "tout Paris". Mais il en veut peut-être à l'un des deux, alors il photographie les bonnes bouteilles et les homards, avant de les avaler évidemment, et envoie les photos (gratuitement ?) à Mediapart.

Qui flaire un scandale possible, et imagine une mise en scène meurtrière, où chaque jour verra quelque chose présenté comme le scandale du siècle. Et comme notre société n'est pas pavée que de bonnes intentions, tout le monde, dignement, s'esclaffe sur l'indignité du ministre !

Mediapart n'en sort pas grandi, les hommes politiques non plus. Seuls Edourd Philippe et Emmanuel Macron ont pris le recul nécessaire pour juger avant de condamner. Mais la hargne de Mediapart a été plus forte, de Rugy n'a pas été assez solide, mais qui le serait, pour supporter le poids de l'ignominie dont l'a accablé Mediapart.

Champagne chez Mediapart ?

Qui veut tuer son chien dit qu'il a la rage. A ce jeu de quilles mortelles, tout le monde, les journalistes de Mediapart y compris, a un petit quelque chose à se reprocher. Tout le monde est une victime potentielle, les journalistes aussi. Mais qui s'y attaquera ? 

L'air du temps est à la délation, à la recherche du point faible, de la faute. On cherche la paille dans les yeux du voisin, sans considérer la poutre qu'il y a dans les siens.

De Rugy est tombé sur des erreurs qui ne valaient pas tout ce tapage. A-t-on sablé le champagne chez Mediapart ? Est-ce une revanche pour l'ancien journaliste du Monde, dont le bilan à la tête de la rédaction du journal avait été si contesté qu'il avait dû partir ? 

En tous cas, Mediapart et ses journalistes en auront rajouté un peu "aux tous pourris" qui gagne l'opinion, et menace la démocratie. Ce jour-là, Mediapart sera bâillonné, et il sera trop tard pour regretter le temps béni où la presse était libre.