Retour à l'(a)normal(e)

Le 22/02/2026

Dans Humeurs

Pendant plus de trente ans, on a voulu croire, au moins en Occident, que le monde avait changé. Retour à la réalité.

L'homme est sorti du cataclysme de la guerre de 39/45 pétrifié d'horreur. Plus jamais ça était le slogan de l'air du temps, et on y a cru. Pendant plus de trente ans, les hommes ont tenté de se parler, de négocier, et ont réussi à mettre en place, première fois dans l'histoire, des instances internationales afin d'arbitrer et éviter les conflits, même si toutes les guerres n'ont pas été évitées et si la guerre froide entre les deux blocs dominants nous rappelait la dangerosité persistante du monde.
En Europe, cela s'est traduit par la réconciliation des anciens belligérants, et la tentative de construction d'une Europe unie, au moins sur le plan  économique. Un grand pas a été franchi avec la mise en place d'une monnaie commune, ouvrant l'espoir peut-être un jour d'une union politique.

Sur le plan mondial, le libre-échange a gagné le monde entier, y compris la Russie ex soviétique, et la Chine communiste qui a intégré l'OMC.
La paix et la prospérité par le commerce et les échanges mise en avant par les amoureux du libre-échange a gagné le monde, permettant notamment à la Chine de surperformer en matière de croissance économique pour bientôt faite jeu égal avec les Etats-Unis.

Tout aurait pu continuer à aller dans le meilleur des mondes possibles, si l'homme avait pu lui aussi changer, et accepter de s'abstraire de cette volonté de domination cause des pires catastrophes de l'humanité.

Le pouvoir appartient aux mâles dominants

Trois mâles dominants à la tête de trois grands états ont brisé le rêve. En Chine, XI JINPING a eu le tort de remporter la bataille du capitalisme, d'abord en copiant l'Occident, ensuite en créant et innovant à grande vitesse. Par des moyens loyaux ou pas, la Chine est devenue non seulement l'usine du monde, mais le champion de l'innovation, en plus d'une super puissance militaire. Naïf et surtout courtermiste par cupidité, l'Occident s'est désindustrialisé, s'exposant aujourd'hui à une dépendance mettant en cause sa souveraineté économique.
Le russe Poutine, à la tête d'un empire déchu, ne vit que pour le but de recréer un bout de l'empire, et n'a pas hésité à bafouer les règles de l'ONU, dont il est membre avec droit de veto, en partant à la conquête de la Géorgie, Crimée, Ukraine, comme au plus beau temps des siècles passés.
Quant à l'américain Trump, narcissique à l'ego démesuré, simpliste et peu cultivé, ses choix politiques et économiques à l'emporte-pièces ont chamboulé le monde, laissant l'Europe sans repères et sans le traditionnel allié.

Sous l'emprise de ces trois grands, l'interdépendance économique perçue jusque-là comme un progrès source d'apaisement entre les nations, est vécu dorénavant comme le risque d'une souveraineté  en perdition, à même un jour de permettre au pays pourvu d'imposer sa loi aux autres.

Retour aux siècles passés

Ignare, inconscient et démagogue, Trump a bousculé le monde en explosant les alliances et droits de douane, au risque de couper la branche sur laquelle le monde est assis. Le chinois a résisté en répondant du tac au tac, les autres se sont soumis, à l'instar de la pitoyable Von der Leyen, triste image de l' humiliation de l'Europe.
Le chacun pour soi a remplacé le multilatéralisme et la négociation, chaque pays devenant un danger si ce n'est un ennemi, le besoin de souveraineté a remplacé l'intérêt d'échanger.
La guerre des russes a réveillé les peurs ancestrales, et chacun de se réarmer et d'exploser ses dépenses militaires.
Les EU, malgré une volonté affichée de non intervention de Trump aspirant naïvement au prix Nobel de la paix, se prennent pour le roi du monde et plongent à nouveau dans les pratiques néfastes des décennies passées. La Chine regarde avec flegme passer le train Trump, renforce ses alliances, accepte le rôle de pays pacifique et tranquille, tout en se préparant à la conquête prochaine de Taïwan. Et la Russie berne Trump et continue sa guerre passéiste contre l'Ukraine, même si cela doit entraîner la mort de millions d'hommes et conduire à la ruine le pays et ses habitants.

Pendant ce temps-là, l'Europe gesticule, chacun crie dans son coin, sans défense commune, sans politique étrangère commune, sans autorité politique commune. Pire, le couple franco-allemand, perçu en France (mais pas en Allemagne) comme le moteur de l'Europe est grippé depuis longtemps, la situation financière catastrophique de la France écartant le pays de tout rôle majeur.

Nous sommes revenus au temps des siècles passés, des états-nations, des droits de douane et des guerres, du chacun pour soi. MAGA, MCGR, MFGA, ... tout le monde great again, pour le meilleur, et surtout le pire!