Une AG destitue son président

Salazar
La Fédération Française des Echecs, 50 000 membres, 900 clubs, s'est distinguée ce week-end. L'Assemblée générale annuelle s'est prononcé contre le rapport moral du président, puis contre le rapport financier. La destitution du président a alors été soumise au vote, et acceptée par les deux tiers du votant. Exit Diégo Salazar!  

Les assemblées générales des personnes morales sont en général plutôt calmes. Et quand il y a un peu d'agitation, celle-ci est le fait le plus souvent de trouble-fêtes connus, rapidement rappelés à l'ordre.
Pourtant, le rôle des citoyens ne doit pas se résoudre à voter tous les quatre ou cinq ans pour un candidat président, au vu d'un programme démagogue, puis attendre la fin du mandat pour faire le bilan et renouveler ou non la confiance.
De son fait ou pas, le bilan de Diégo Salazar après trois ans de présidence de la FFE était mauvais. Peut-être pas au point d'entraîner sa destitution. Mais la démocratie a joué, les opinions ont été exprimées, et les conséquences en ont été retirées immédiatement. Quand on n'a plus confiance dans la capacité d'agir d'un président, pourquoi attendre la fin de son mandat, et risquer d'aggraver un bilan déjà médiocre?
Ce qui frappe, c'est la nouveauté de la destitution, et sa brutalité. Car on n'a pas l'habitude, dans les affaires comme en politique, de juger un président en rapprochant les réalisations des promesses de campagne. C'est un grand progrès, seul à même à limiter l'enthousiasme, l'imagination et l'absence de scrupules des promettants lors des campagnes. Si tous les candidats pouvaient être convaincus que leurs promesses sont enregistrées et seront analysées à l'aulne de leurs réalisations, il est probable que le discours serait plus réaliste.
Le débat serait certes moins imaginatif, mais les candidats n'oseraient plus promettre tout et son contraire,  sachant comme aujourd'hui que cela n'engage que ceux qui les écoutent !
Les présidents de clubs ont montré que l'Assemblée Générale pouvait bien être le contre-pouvoir à l'action d'un président. Que tous les présidents, incompétents ou mégalos, sachent bien qu'ils ne peuvent pas faire n'importe quoi, et que les comptes doivent être rendus chaque année, et pas seulement au terme de leur mandat.