Urgence écologique, le consommateur doit prendre le pouvoir

Pas un journal radio, télévisé, papier qui nous rabâche les oreilles de l'urgence écologique. Tous les hommes politiques, journalistes, grands patrons trouvent là un merveilleux consensus. Lâchement, tout le monde en appelle à l'Etat. Mais seul, il ne peut pas grand-chose face à des entreprises dont ce n'est pas la préoccupation. Le pouvoir de changer les choses appartient au consommateur citoyen du monde.

Produire toujours plus est devenu une nécessité économique

Les conférences se succèdent, certaines avec succès comme celle de Paris, les verts progressent partout, tous les partis se croient obligés d'intégrer une bonne couche de vert à leurs programmes, l'imagination de l'administration se montre créative pour interdire, sanctionner, réglementer, imposer les activités polluantes et présumées dangereuses pour le climat, la santé, la planète.

Mais tout cela n'est qu'une gesticulation vaine, tant que les décideurs économiques ne seront mus que par le couple infernal profit / croissance.

C'est lui qui engendre la condamnable nécessité de produire de plus en plus et de plus en plus loin pour baisser les coûts de production, et ainsi vendre moins cher et donc plus. 

C'est lui qui engendre les concentration qui donnent naissance à des géants plus forts que les Etats, avec pour seule loi celle du profit maximim. Ceux-là se contrefichent de la santé du monde, et ne perçoivent les réglementations que comme une contrainte que leurs armées d'experts en tout genre s'essaieront à contourner.
On voit le résultat du tout production :
- une agriculture industrielle nocive pour la nature et la santé des consommateurs
- une spécialisation géographique mondiale, qui désertifie les anciens pays industriels, exploite les pays émergents, aboutit au contournement des règles de protection, génère des millions de kilomètres pour transporter par air et par mer les produits vers ceux qui les consomment.
- une production de biens nocifs pour la santé et la planète, dont on encourage l'obsolescence, l'acquisition par un attrait reposant sur des illusions,
- et paradoxe dramatique, une société dont l'emploi repose sur cette obligation de produire toujours et encore, et d'autant plus que les innovations accroissent la productivité. 

 

Et le consommateur est devenu un jouet entre les mains des producteurs et distributeurs

On voit là la tragique limite de l'intervention des Etats, pris entre la volonté d'ouvrer pour l'environnement, et la peur que le prix à payer soit le chômage engendré par la fermeture d'usines.

Si on ne peut compter sur les Etats, et encore moins sur les entreprises, ne doit-on pas compter sur le consommateur, devenu citoyen du monde ?

Et si l'automobiliste cessait d'acheter ces voitures de plus en plus rapides, puissantes, massives, luxueuses, ces gros SUV gourmands et polluants, qui ne servent à rien d'autre qu'à afficher sa réussite sociale voire sa virilité ?
Et si on cessait d'acheter des produits où l'emballage coûte plus cher que ce qu'il contient, aux seules fins de tenter le client ou de protéger le vendeur du vol ?
Et si on privilégiait une bonne fois pour toutes l'achat de produits faits ailleurs qu'à l'autre bout du monde ?
Et si on acceptait de ne pas avoir le dernier bien à la mode ?
Et si on arrêtait de croire que l'accumulation de biens matériels apporte le bonheur ?
Et si on exigeait que les produits destinés à l'alimentation ne comprennent plus les adjuvants inutiles et dangereux qui ne sont là que pour les rendre plus attractifs ?

 

Les états ne peuvent pas tout

Quand il y a un problème en France, on interpelle l'Etat. La planète se réchauffe ? Mais que font donc les Etats ?

La prise de conscience du mauvais état du monde a été lente, c'est normal, seul le recul du temps permet de voir les conséquences des actions humaines.

Mais il ne faut pas croire que le salut, s'il est possible, viendra des Etats. Seuls, ils sont impuissants. Pour la bonne raison que s'attaquer au système en interdisant, réglementant, sanctionnant, supprime entreprises, emplois, ressources fiscales.

Le rôle de l'Etat est de montrer les voies, de règlementer et sanctionner aussi bien sûr, mais son pouvoir sera toujours limité face aux pouvoirs d'entreprises mondiales, à la soif de consommer de leurs clients, et de défavoriser leurs entreprises dans la compétition internationale.

Le vrai pouvoir est au consommateur

Le vrai pouvoir est entre les mains du consommateur.

Que deviendront Google et Facebook s'ils sont boycottés pour pratiques contestables ? A l'époque du digital et de la mondialisation, les modes de vie se nivellent, comme les modes de pensée. La préservation de la planète devient une préoccupation mondiale, potentiellement partageable par tous. Que 10, 20, 30% des consommateurs du monde boycottent tel ou tel produit, et les fabricants s'adapteront pour ne pas mourir.

Les contre-pouvoirs aux entreprises doivent abandonner leur pré-carré pour devenir mondiaux, puisque c'est toute la planète qu'il faut sauver, et que c'est seulement et seulement si le monde entier est éco-responsable qu'on pourra éviter le pire.

Les organismes publics internationaux et les grands ONG doivent mobiliser le monde entier sur des grandes causes, afin que les opinions fassent varier les règles du jeu partout en même temps. 

Des raisons d'espérer

Les jeunes du monde entier ont une sensibilité croissante au respect de l'environnement.
Des changements dans les habitudes de consommation apparaissent, produits bio, partage, occasion, produits simples sans le faux-semblant du "merchandising". Des jeunes veulent un travail qui ait du sens, et qui ne soit pas destructeur de la planète.
La prise de conscience des dégâts et risques écologiques concerne tous les pays, quelque soit le niveau de développement : villes saturées et polluées, faune et la flore en voie d'appauvrissent, maladies, cancers, allergies, rareté programmée de l'eau, alimentation malsaine ...

On veut croire qu'elle est en marche. Alors les Etats pourront règlementer, interdire et sanctionner, la peur de perdre ses clients contraindra l'entreprise à respecter les volontés des Etats, parce qu'elles seront celles de leurs clients.

 


 

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