Florilège de suppressions d'emplois

Pendant que le Médef et la gauche au gouvernement s'escriment à faciliter les licenciements, nos entreprises de CAC 40 multiplient les annonces de suppressions d'emplois!

 

Des suppressions d'emplois à la pelle

Société Générale avait marqué les esprits en annonçant fin 2015 la fermeture du quart de son réseau d'agences en France d'ici 2020. 2000 postes seront supprimés.
Michelin vient d'annoncer la suppression, de 494 postes à Clermont-Ferrand; Sanofi en annonce 600 en 3 ans, soit 2% de ses effectifs en France. General Electric, que le gouvernement français a finalement autorisé à reprendre Alsthom, prévoit 765 suppressions de postes, loin derrière EDF qui en affiche 4000!
On sait que Lafarge a été vendu par son PDG et ses actionnaires au suisse Holcim. Il n'aura fallu que quelques mois pour que la nouvelle direction suisse annonce la fermeture de l'usine de Normandie. 144 postes sont concernés, sans tenir compte des nonbreux sous-traitants.
Pour Vallourec, la note est de 500 emplois supprimés, la même que celle d'Aréva dans son usine de La Hague. Mais au total, 2700 postes seront supprimés par l'ex champion français du nucléaire..
Même la SNCF s'y met, avec 1400 suppressions dans les tuyaux.
Pour ST Microelectronics, 1400 postes seront supprimés dans le monde, dont 430 en France. Les 55 emplois supprimés à Laroque d'Olmes par Johson Controls pourraient paraître anecdotiques, s'ils ne concernaient pas un département en grosse difficulté, l'Ariège, et un groupe réalisant un bénéfice mondial de 4,8 milliards de dollars, dont 1,8 milliards distribués aux actionnaires.
Après les 5500 postes supprimés entre 2012 et 2015, Air France KLM annonce un retour aux bénéfices et ... 1600 nouveaux départs d'ici 2017. 
Pour Technip, c'est 330 emplois qu'il est prévu de supprimer en France. 

Pas beaucoup de bonnes nouvelles

Heureusement, il y a des bonnes nouvelles. Enfin une. François Hollande a annoncé en décembre 2015, l'arrêt de la baisse des effectifs dans ... les armées!   
Il y aurait pu avoir le fameux CICE, qui devait relancer la machine à embaucher. Las! les principaux bénéficiaires en ont été EDF, SNCF et La Poste. On retrouve les deux premiers en bon rang dans les supprimeurs d'emplois! Quant à La Poste, auteur d'un fort plan de suppressions d'emplois en 2012, il dégage un bénéfice de 171 millions d'euros, après, tenez-vous bien, 1 milliard d'euros de CICE en trois ans. Comme le dit cyniquement le Ministre, plus d'emplois auraient été supprimés sans le CICE !!

Et l'avenir ?

On sait depuis plusieurs années qu'engagées dans une course folle à la productivité et au profit pour les actionnaires, les grandes entreprises ne renouvellent plus leurs effectifs en France (ni ailleurs), et qu'elles n'ont pas attendu Manuel Valls pour réduire, parfois drastiquement, leurs effectifs. Leur fournir encore plus de souplesse ne fera qu'anticiper les départs, et donner un coup de fouet ... à la courbe de progression du chômage. 
Il est dans les gênes des moyens entrepreneurs de ne pas franchir certains caps d'effectifs comme de ne pas trop s'aventurer dans la grande exportation.
Les success stories de créations d'entreprises ne créent pas, loin s'en faut, un nombre de postes équivallent à ceux supprimés par les entreprises grandes et moyennes, et le secteur public est dans la même démarche de rigueur et ne renouvelle pas en totalité les partants.

La robotisation et l'automatisation en cours n'annoncent rien de bon sur le plan de l'emploi, des millions d'emplois seront supprimés dans le monde, et des dizaines de milliers en France.
Et pour couronner le tout, un marché libre mondial, véritable champ de bataille d'une guerre économique destructrice des moins forts.
La réformette du code du travail ou de la libéralisation du transport en car ou du secteur des huissiers et notaires ne sont pas à la hauteur des défis que la France, mais aussi le monde, aura à relever dans les années qui viennent.

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