La charrue avant les boeufs

Pollution autoMinistres et maires annoncent à qui mieux mieux la fin de la voiture dans les villes. Plus de diésel à Paris d'ici 7 ans, plus de voitures à essence d'ici 13 ans. N'est-ce pas aller un peu vite en besogne? Si l'automobile d'aujourd'hui a son avenir derrière elle, les solutions de substitution ne restent-t'elles pas à inventer? 

Les annonces fracassantes des uns et des autres ont au moins un mérite, faire prendre conscience à tous que l'usage de la voiture tel qu'aujourd'hui n'a pas d'avenir, et qu'il faudra bien trouver d'autres solutions.

Partout dans les villes du monde entier, les maires s'escriment à limiter la voiture dont les effets polluants sont dévastateurs sur la santé publique. Partout, ils ferment des quartiers à l'automobile, les centres historiques notamment, limitent la vitesse, excluent des véhicules trop polluants, imposent des alternances de droit de circulation.
Le vélo est partout encouragé, avec comme à Oslo ou Copenhague, la création de voies à usage exclusif de vélo. Certaines villes vont encore plus loin, comme Oslo qui s'attaque aux parkings afin de dissuader les citoyens de détenir une voiture.

Pourtant il faut bien que les gens de déplacent, et le transport individuel existera toujours. La réponse actuelle des autorités n'est que circonstantielle, et les solutions du futur restent à inventer.
 

Des solutions encore en devenir

Le vélo, c'est sympa au printemps et le dimanche, sur quelques kilomètres, quand on est en balade. Mais quid quand on est distant de son travail de 10 km et plus, sur des terrains accidentés, par intempéries, quand il fait nuit, qu'on est mal foutu, qu'on a un sac et cartable, et les courses qu'on ramène le soir, et les enfants qu'il faut aller chercher chez la nounou ou à la crèche? Anne Hidalgo et les autres s'y sont-ils exercés ?

La voiture électrique plait aux édiles, elle est silencieuse, généralement petite, et propre. Mais comment la recharger quand on habite en appartement, sans possibilité de prise de courant dans son garage? Et comment faire face à l'afflux de demande d'énergie électrique quand on a aussi pour objectif de baisser la part du nucléaire dans la production d'énergie? Recourir à l'électricité pour remplacer l'essence et le diésel ne va pas dans le bon sens.

Prenez les transports collectifs, nous disent aussi ces mêmes édiles, qui eux s'en dispensent bien. Car s'ils utilisaient trains, RER et métros, bus, ils se rendraient vite compte qu'ils sont à bout de souffle, en surcharge permanente, et que s'y accumulent retards, inconfort, pollution, risques de maladie, stress.

Avec l'urbanisation galopante qui est le trait commun de notre civilisation, les villes sont de plus en plus grandes, le prix de l'immobilier dans les centre villes en exclut 90% de la population, qui se trouve contrainte de trouver un logement de plus en plus loin. Alors ne rêvons pas, on n'aura jamais un système qui offrira à tous un accès à un transport collectif à moins de 10' de chez soi. 

La fin de la voiture n'est pas pour demain

La voiture individuelle, « ce n’est plus le schéma d’aujourd’hui », a affirmé, samedi 14 octobre, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo
Pourtant, les gens auront toujours besoin d'un moyen individuel de locomotion, et  c'est une source de liberté incontestable. D'abord pour se rendre au travail, même partiellement, pour rejoindre par exemple un transport collectif, ensuite pour s'en aller au vert, pour une journée, un week-end, en vacances, dans ces campagnes et villages désertifiés où il est nécessaire d'aller de temps en temps pour se vider la tête du poids de la ville. Aller en transports collectifs dans nos villages est aujourd'hui chose impossible, et cela ne changera pas d'ici longtemps. 

La réflexion ne doit pas se limiter à la ville de Paris, et tans pis pour l' ego de Madame la Maire, la circulation dans Paris n'est pas le problème de la seule ville de Paris. Le grand Paris est en construction, c'est à lui et à la région Ile de France de prendre le lead. Sinon, ce sera des querelles de clochemerle, Paris interdira l'accès des autos des banlieusards, et les banlieues refuseront que les autos parisiennes les traversent.

Attendons aussi que les solutions techniques apparaissent. La voiture électrique telle qu'on la connait aujourd'hui n'a pas d'avenir. Elle ne peut satisfaire que ceux qui logent en pavillon avec garage, ou des entreprises publiques et privées qui ont recours à des petits déplacements avec retours fréquents au siège.

Des moteurs solaires ou hybrides seraient plus opportuns, ou d'autres encore à trouver. Ou dans les cartons.

Continuons donc à réfléchir, sans démagogie, sans arrière-pensée politicienne, et essayons de prendre des mesures réalistes, et cessons ces grandes déclarations d'intention qui ne  sont faites que pour tenter de montrer l'esprit visionnaire de leur auteur.

Paris est en retard sur nombre de villes européennes, tout le centre de Bruxelles est piétonnier. A Paris, on peut encore aller en voiture dans le Marais !!!

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